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Drapeau de l'Empire tibétain (618-842) 

 

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16 septembre 2025

Blog en (Re)Construction.

Ici est la suite de ... Tibétains ... mon blog alimenté durant cinq ans et que j'ai dû supprimer en Janvier 2025 devant le trop gros travail de mise à niveau et à jour lors des importants changements de Canalblog racheté par Webedia. Publicité partout, commandes changées et peu faciles, bref un investissement que je n'ai pas pu assumer par lassitude et manque de temps.

Mais les Tibétains, ce peuple tant martyrisé, méritent que je continue ma tâche d'aide à leur résistance. La Chine a pour but depuis 1959 de les réduire à néant et elle s'y emploie de façon délibérée depuis. Tortures constantes, stérilisation de force pour les femmes, détournement des enfants arrachés à leurs familles afin d'être élevés dans la plus pure tradition Han et assujettis à devenir de "vrais" chinois, purs et durs (!) allant même jusqu'à les forcer afin  qu'ils renient les leurs.

(( Cela me rappelle étrangement la Révolution Culturelle en Chine où les enfants étaient encouragés à dénoncer leurs parents, leurs familles ...))

Les Tibétains vivant au Tibet actuellement ont un sort peu enviable. La diaspora en exil ne lâche rien et nous devons les soutenir de toutes les façons. 

Ce que j'essaie de faire, selon mes modestes moyens, c'est-à-dire faire connaitre partout ce que subit ce peuple fier, cultivé, issu d'un immense royaume et dont les traditions ancestrales sont belles et honorables.

Chesa. 

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4 septembre 2026

La Chine restreint l'action des bénévoles tibétains et les opérations de secours à Kyirong, zone touchée par des inondations.

Des secouristes chinois équipés, à Kyirong (Tibet occupé) frappé par les inondations, sur une image officielle soigneusement sélectionnée (Photo/Xinhua)

Tenzin Nyidon

DHARAMSHALA, 4 septembre :

 

Les autorités chinoises ont imposé des restrictions strictes concernant l'accès à la région de Kyirong, au Tibet occupé, frappée par des inondations. Ces mesures empêchent les Tibétains venus d'autres parties de la région de se rendre dans la zone sinistrée pour apporter leur aide et témoigner leur solidarité aux communautés touchées, selon une source en exil s'étant confiée à Phayul sous couvert d'anonymat pour des raisons de sécurité.

 

Cette source a indiqué que le gouvernement chinois a adopté une approche inhabituellement restrictive concernant les opérations de secours à Kyirong, où de graves inondations ont touché des zones situées le long de la frontière entre le Tibet et le Népal. « De nombreux Tibétains souhaitent se rendre à Kyirong pour aider les sinistrés, mais l'accès à la zone leur est refusé », a déclaré la source à Phayul, ajoutant que ces restrictions semblent particulièrement sévères compte tenu de la proximité de la région avec le Népal.

 

Selon un avis officiel publié à la suite des inondations, l'accès à la zone frontalière sinistrée est réservé au personnel de secours officiellement désigné. L'entrée dans la zone de catastrophe est interdite aux civils et aux véhicules privés ; par ailleurs, les déplacements de civils depuis les districts de Saga, Tingri et Nyalam vers Kyirong ont été explicitement proscrits. Les autorités ont averti que toute violation de ces restrictions pourrait entraîner de lourdes sanctions judiciaires.

 

La source a opposé ces restrictions à la gestion du séisme dévastateur survenu à Dingri en janvier 2025, période durant laquelle certaines initiatives de secours et d'assistance menées par des Tibétains avaient été autorisées. « Cette fois, les restrictions sont bien plus sévères. Lors du séisme de Dingri en 2025, certains Tibétains avaient pu apporter leur aide, alors qu'à Kyirong, de telles initiatives ne sont absolument pas tolérées », a précisé la source. Elle a ajouté que ce renforcement des contrôles pourrait être lié à la position stratégique de Kyirong à la frontière népalaise, une zone où les autorités sont particulièrement vigilantes quant aux mouvements de personnes et à la circulation de l'information.

 

Parallèlement, les organes de propagande de l'État chinois ont diffusé des photographies et des vidéos soigneusement sélectionnées, montrant les opérations de sauvetage et de secours menées par le gouvernement dans les zones touchées. Ces images mettent en avant les interventions d'urgence et le personnel de secours organisés par l'État, tandis que l'accès indépendant à la zone sinistrée demeure strictement limité. À la suite des inondations et coulées de boue catastrophiques qui ont frappé certaines zones de la frontière entre le Tibet et le Népal le 26 août, les autorités chinoises ont fait état, au 4 septembre, de 31 décès et de 531 personnes portées disparues au Tibet occupé.

 

Ces chiffres restent toutefois impossibles à vérifier de manière indépendante, l'accès aux zones sinistrées demeurant refusé aux journalistes, aux organisations humanitaires internationales et aux autres observateurs indépendants. L'impossibilité d'accéder librement à la zone a renforcé les inquiétudes quant à la transparence des bilans officiels et a laissé d'importantes lacunes dans l'information du public sur l'ampleur des dégâts.

 

Pour les familles à la recherche de proches disparus, ces restrictions ont créé un vide informationnel critique, prolongeant une attente angoissante avant d'obtenir une confirmation fiable et rapide du sort et de la localisation de leurs proches. Les autorités chinoises ont indiqué qu'au 2 septembre à midi, elles avaient reçu 876 appels signalant des décès ou des disparitions : 448 provenant de Chine et 428 de l'étranger. Le volume de ces appels témoigne de l'ampleur de l'incertitude entourant la catastrophe et de la demande croissante des familles pour obtenir des informations fiables de la part des autorités.

4 septembre 2026

Le dalaï-lama rentre à Dharamsala après un séjour de plus de deux mois au Ladakh.

Sa Sainteté le Dalaï-Lama revient à Dharamsala, accueilli en grande pompe par les Tibétains locaux, le 4 septembre 2026 (photo Phayul).

Tenzin Nyidon

DHARAMSHALA, 4 septembre :

 

Le chef spirituel tibétain, Sa Sainteté le Dalaï-lama, est rentré à Dharamshala vendredi après avoir passé plus de deux mois à Leh, au Ladakh. Ce retour marque la fin d'un long séjour estival ponctué d'enseignements religieux, d'audiences publiques et de rencontres avec des habitants de toute la région himalayenne.

Le dirigeant nonagénaire a reçu un accueil chaleureux de la part de milliers de Tibétains et de résidents indiens locaux, venus se masser le long des rues de Dharamshala alors que son cortège se dirigeait vers sa résidence.

 

Le chef spirituel a séjourné au Ladakh du 28 juin au 4 septembre, après avoir suivi un traitement médical pour son genou gauche à Delhi. Ses visites estivales annuelles au Ladakh sont désormais une tradition bien établie ; elles lui permettent d'échapper à la mousson intense de Dharamshala tout en poursuivant ses activités religieuses et publiques dans la région himalayenne.

 

Durant son séjour, le Dalaï-lama a tenu des audiences publiques à Leh pendant 49 jours, recevant au total 21 572 personnes. Il a également assisté à une cérémonie de prière pour la longévité sur le site d'enseignement de Kalachakra, un rassemblement reflétant le caractère interreligieux unique de la région. Cette cérémonie a été organisée conjointement par la Ladakh Buddhist Association, la Ladakh Gonpa Association, les communautés musulmanes représentées par l'Anjuman Imamia et l'Anjuman Moin-ul-Islam, ainsi que la communauté chrétienne du Ladakh.

 

Le retour du Dalaï-lama à Dharamshala intervient alors que sa santé et sa mobilité font l'objet d'une attention particulière. Il a subi une intervention chirurgicale au genou gauche en juin dernier à Delhi, faisant suite à une opération réussie de remplacement du genou droit effectuée en juin 2025 au Hospital for Special Surgery (HSS) de New York, l'un des centres d'orthopédie les plus renommés au monde. Après cette intervention de 2025, le chef spirituel tibétain avait observé une période de convalescence à Syracuse (New York), où il avait suivi une rééducation intensive avant de regagner Dharamshala.

 

Malgré des difficultés persistantes de mobilité, le Dalaï-lama a maintenu un emploi du temps public exigeant ces dernières années, continuant à dispenser des enseignements religieux, à accorder des audiences et à participer à des engagements officiels et communautaires. Lors de grands rassemblements publics, il lui est arrivé de recourir à l'aide de collaborateurs et à une voiturette de golf pour parcourir les distances plus importantes entre sa résidence et le Tsuglagkhang — le temple tibétain principal —, où il dispense régulièrement des enseignements et préside des cérémonies publiques.

3 septembre 2026

Le Real Madrid supprime une publication sur les inondations au Népal et au Tibet après une levée de boucliers en Chine.

Le message, désormais supprimé, du Real Madrid rendant hommage aux victimes des inondations meurtrières le long de la frontière entre le Tibet et le Népal

Tenzin Nyidon

DHARAMSHALA, 3 septembre :

 

Le géant espagnol du football, le Real Madrid, a supprimé une publication sur les réseaux sociaux évoquant les victimes des inondations dévastatrices au Tibet et au Népal. Cette décision intervient quelques jours après que le club a fait l'objet de vives critiques de la part des médias d'État chinois et des internautes pour avoir utilisé le terme « Tibet » plutôt que « Xizang », l'appellation sinisée privilégiée par Pékin.

 

La publication, apparue le 30 août sur les comptes officiels du Real Madrid, montrait des joueurs observant une minute de silence au stade Santiago Bernabéu en hommage aux victimes des inondations et glissements de terrain catastrophiques qui ont frappé les populations de part et d'autre de la frontière entre le Tibet et le Népal le 26 août. Le message accompagnant l'image mentionnait les personnes touchées au « Népal et au Tibet ».

 

La publication a été retirée le 3 septembre, face à la montée des critiques en Chine. Bien que le Real Madrid n'ait pas officiellement déclaré que ce retrait faisait suite à des pressions chinoises, la décision est intervenue après que des médias affiliés à l'État chinois et des internautes ont exigé à maintes reprises que le club retire ou modifie les termes employés.

 

Le *Global Times*, organe de presse du Parti communiste chinois, a exhorté le Real Madrid à remplacer « Tibet » par « Xizang (Chine) », arguant que le geste humanitaire du club avait été éclipsé par ce qu'il qualifiait de formulation politiquement inexacte. Le journal a souligné que « le Xizang est une partie inaliénable de la Chine » et a affirmé que le placer sur le même plan que l'État souverain du Népal allait à l'encontre du principe d'une seule Chine. Les internautes chinois ont également exercé une forte pression sur le club, réclamant la suppression de la publication et des excuses de la part du Real Madrid.

 

Ces critiques s'accompagnaient d'un rappel appuyé des enjeux commerciaux du club sur le marché chinois. Le *Global Times* a noté que le Real Madrid jouit d'une immense popularité en Chine et a développé des intérêts commerciaux à long terme en Asie, avertissant que les communications publiques du club se devaient, par conséquent, de faire preuve d'une plus grande sensibilité lorsqu'elles abordent des questions territoriales.

 

Ce retrait marque un tournant spectaculaire dans une controverse née d'un geste qui se voulait, à l'origine, purement humanitaire. L'expression de solidarité d'un club de football envers les victimes d'une catastrophe naturelle s'est retrouvée mêlée à l'une des questions politiques les plus sensibles en Chine : la terminologie utilisée pour désigner le Tibet. Pékin désigne officiellement le Tibet sous le nom de « Xizang » et cherche de plus en plus à promouvoir cette terminologie dans le discours international. Le gouvernement chinois considère le Tibet comme une partie intégrante de la République populaire de Chine (RPC) et s’oppose fermement à toute formulation qui, à ses yeux, traiterait le Tibet comme une entité politique distincte.

 

La décision du Real Madrid de retirer la publication, sans en expliquer publiquement la raison, a donc soulevé des questions quant à la mesure dans laquelle les sensibilités politiques de la Chine peuvent influencer la communication publique de grandes marques internationales désireuses de maintenir des liens avec le public chinois.

 

Cet épisode illustre également comment le langage entourant le Tibet est devenu un terrain de controverse bien au-delà des cercles diplomatiques et politiques. Même un message de condoléances émanant de l’un des clubs de football les plus célèbres au monde a été scruté pour vérifier s’il respectait la nomenclature privilégiée par Pékin.

 

Ce différend survient alors que le bilan humain de la catastrophe du 26 août ne cesse de s’alourdir. Une avalanche massive de glace et de rochers, survenue près de la frontière entre le Tibet et le Népal, a déclenché des crues soudaines et dévastatrices, ravageant des communautés et des infrastructures, et laissant derrière elle des milliers de morts ou de disparus. Au 3 septembre, le Népal avait recensé au moins 1 252 décès, tandis que plus de 4 200 personnes étaient toujours portées disparues. De l’autre côté de la frontière, au Tibet occupé, les autorités chinoises ont officiellement fait état de 16 morts et de centaines de disparus, alors même que Kyirong — l’une des zones les plus durement touchées — subissait de plein fouet les inondations dévastatrices. Cette disparité flagrante dans les bilans des victimes a suscité des inquiétudes quant à la transparence et à l’exhaustivité des informations provenant du côté tibétain de la frontière.

2 septembre 2026

Des groupes tibétains britanniques appellent le ministre des Affaires étrangères à reconnaître le Tibet dans la couverture médiatique des inondations catastrophiques.

Des organisations tibétaines ont dénoncé le ministère des Affaires étrangères pour la façon dont celui-ci a évoqué les inondations catastrophiques survenues à la frontière entre le Népal et le Tibet, sans mentionner le Tibet ni le peuple tibétain.

 

Très Honorable Ed Miliband

Secrétaire d'État aux Affaires étrangères, au Commonwealth

et au Développement
Ministère des Affaires étrangères, du Commonwealth et du Développement
Whitehall
Londres SW1A 2AH

 

1er septembre 2026

 

Monsieur le Ministre,

Nous représentons une coalition d'associations tibétaines et la communauté tibétaine du Royaume-Uni. Nous vous écrivons pour vous faire part de notre consternation face à la manière dont votre ministère a choisi d'évoquer les inondations catastrophiques survenues à la frontière népalo-tibétaine, sans aucune mention du Tibet ni du peuple tibétain.

 

Dans une vidéo publiée sur les réseaux sociaux le 27 août, vous avez fait référence aux « inondations dévastatrices à la frontière népalo-chinoise ». Le même jour, le compte Instagram du ministère des Affaires étrangères, du Commonwealth et du Développement a publié un message expliquant comment « le Royaume-Uni réagit aux inondations à la frontière népalo-chinoise ». Le lendemain, dans une publication sur les réseaux sociaux concernant le soutien aux ressortissants britanniques touchés par les inondations, vous avez commencé par ces mots : « Mes pensées vont à toutes les personnes touchées par les inondations dévastatrices que nous avons vues au Népal et en Chine. » Le Tibet n'a été mentionné à aucun moment dans ces vidéos. Face à une catastrophe naturelle aussi meurtrière, de tels manquements à l'exactitude et au respect du Tibet ont des conséquences bien réelles.

 

À l'heure actuelle, les Tibétains du monde entier et du Tibet sont en deuil face à l'ampleur et au bilan humain présumé de cette crise. Kyidrong, lieu des inondations soudaines, se situe entre le Népal et le Tibet. Située dans la préfecture de Shigatse, dans la région d'Ü-Tsang (communément appelée Région autonome du Tibet), cette localité est non seulement un important point de passage frontalier fréquenté par les touristes, les pèlerins et les habitants, mais elle abrite également des villages tibétains. Parler de cette catastrophe sans même prononcer le nom du Tibet revient à invisibiliser ces victimes.

 

Comme vous le savez, le Tibet occupé reste coupé du reste du monde et figure régulièrement parmi les régions les moins libres de la planète, selon le classement de Freedom House. Des organisations de défense des droits humains de premier plan, comme Human Rights Watch, ont largement documenté la situation catastrophique des libertés civiles au Tibet. Parmi les principales conséquences figurent la surveillance excessive et les restrictions draconiennes imposées à la transmission d'informations, contraignant les Tibétains à l'autocensure et entravant toute communication avec le reste du monde.

 

En raison de ces restrictions, aucune preuve photographique ou vidéo des dégâts causés par les inondations au Tibet n'a pu être recueillie, et aucun bilan des victimes n'est disponible, hormis les informations relayées par les médias d'État chinois faisant état de trois morts et de plusieurs centaines de disparus. Des groupes de recherche sur le Tibet ont exprimé des inquiétudes légitimes quant au fait que les restrictions strictes imposées par la Chine nous empêchent de connaître un bilan humain bien plus lourd et entravent la capacité des Tibétains à partager des informations cruciales sur la crise.

 

Le ministère des Affaires étrangères et du Commonwealth (FCDO) se doit, envers les Tibétains, de rétablir la vérité et d'utiliser une terminologie exacte et respectueuse concernant le Tibet. Cela implique notamment de mentionner le Tibet et les Tibétains dans les publications sur les réseaux sociaux et de suivre l'exemple de la BBC, du New York Times et d'autres grands médias en parlant de la frontière népalo-tibétaine plutôt que de la frontière népalo-chinoise.

 

Par conséquent, nous vous demandons instamment de retirer ces publications, ainsi que toutes celles qui abordent la crise sans mentionner le Tibet, et de veiller à ce que vos futures publications incluent le Tibet.

 

De plus, nous appelons le ministère des Affaires étrangères et du Commonwealth (FCDO) à s'attaquer aux problèmes plus profonds liés à la censure en demandant publiquement à la Chine de garantir que les opérations de secours au Tibet puissent se dérouler sans restriction de la libre circulation de l'information ni aucun autre obstacle.

 

Nous serions heureux de vous rencontrer, ainsi que les membres du FCDO, afin d'approfondir cette question et de nous assurer que votre ministère ne commette plus ces erreurs préjudiciables par omission.

 

Dans l'attente de votre réponse.

Cordialement,

 

Tenzin Rabga, Free Tibet

Tenzin Yangzom, Réseau international du Tibet

Pema Yoko, Tibet Action Institute

Phuntsok Norbu, Communauté tibétaine de Grande-Bretagne

Tashi Samuels, V-TAG Royaume-Uni

 

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1 septembre 2026

Des chercheurs et militants tibétains exigent de la Chine la transparence concernant les crues soudaines de Kyirong.

Chercheurs et militants lors d'un point presse au TSO Hall de Dharamshala, le 1er septembre 2026 (Photo/VoT)

Tenzin Nyidon

DHARAMSHALA, 1er septembre :

 

Une conférence de presse conjointe organisée mardi à Dharamshala a tiré la sonnette d'alarme face à ce que des militants et des chercheurs qualifient de « black-out informationnel » concernant les inondations éclair dévastatrices qui ont frappé Kyirong, au Tibet occupé. Ils exigent que la Chine publie des informations complètes et vérifiables sur les victimes, les personnes disparues, les déplacements de population, les destructions et son intervention d'urgence.

 

Cette conférence de presse, intitulée « Le château d'eau de l'Asie en crise : les inondations éclair au Tibet et au Népal exigent de la transparence », était organisée par le Réseau international du Tibet (ITN) et Étudiants pour un Tibet libre – Inde (SFT-Inde) dans la salle du Bureau de la colonie tibétaine (TSO) à Dharamshala.

 

Des chercheurs, des militants et un moine tibétain de Kyirong étaient présents, notamment Dhondup Wangmo, chercheur au sein du département Environnement et Développement de l'Institut des politiques tibétaines (TPI), le groupe de réflexion de l'Administration centrale tibétaine, et le Dr Lobsang Yangtso, chercheur principal en environnement à l'ITN. Jampa Palden, moine de Kyirong, et Tashi Dhondup, coordinateur des campagnes chez SFT-Inde, ont pris la parole.

 

Ils ont exhorté Pékin à fournir des informations complètes, précises et actualisées sur l'ampleur de la catastrophe, avertissant que la rétention, la manipulation ou la diffusion sélective d'informations pourraient mettre en danger les populations du Tibet occupé ainsi que celles vivant en aval, au Népal et en Inde.

 

Jampa Palden, originaire de Kyirong, a partagé des témoignages de membres de sa famille dans la région, affirmant que toute la zone de Lhende avait été gravement inondée et que trois villages situés le long de la rivière Lhende avaient été entièrement emportés par les eaux. Selon lui, chacun de ces villages abritait au moins 30 à 40 foyers. Il a ajouté que des communautés tibétaines semi-nomades habitent majoritairement la région, qui constitue également un axe commercial important reliant le Tibet au Népal.

 

Les médias d'État chinois ont jusqu'à présent fait état de 16 décès et de 546 disparus. Le décalage entre les informations officielles, encore limitées, et les témoignages provenant de l'extérieur du Tibet a été cité lors de la réunion d'information comme preuve de l'urgence d'un accès indépendant et d'une information transparente sur la zone sinistrée.

 

Le Dr Lobsang Yangtso a déclaré que, même si les causes et la trajectoire précises de la récente rupture glaciaire n'ont pas encore été scientifiquement établies, cette catastrophe devrait inciter à un examen approfondi du développement rapide des infrastructures dans cette région himalayenne, particulièrement fragile sur le plan environnemental. Elle a fait valoir que la construction massive de routes, de ponts et de centrales hydroélectriques dans les zones à haut risque pourrait aggraver les effets des aléas climatiques, notamment les inondations dues à la rupture de lacs glaciaires, les avalanches de glace et de neige, et d'autres formes d'instabilité cryosphérique.

 

Elle a également souligné l'accélération des effets du changement climatique sur le plateau tibétain, qualifiant le Tibet de région particulièrement vulnérable au climat. D’après les chiffres présentés lors de la réunion d’information, le plateau tibétain et la région himalayenne comptent environ 63 000 glaciers, 25 000 lacs glaciaires, 766 zones à risque d’inondations glaciaires et 716 zones à risque d’avalanches de glace et de neige. « Ces risques, a-t-elle averti, pourraient constituer de graves menaces pour les populations à l’avenir, d’autant plus que le réchauffement climatique modifie la stabilité des glaciers et des paysages de haute altitude.»

 

Elle a également attiré l’attention sur le projet de centrale hydroélectrique de 60 gigawatts en cours de construction par la Chine dans le comté de Medog, préfecture de Nyingtri, au Tibet, près de la frontière indienne avec l’Arunachal Pradesh. Elle a souligné que le développement d’infrastructures à grande échelle dans un paysage aussi fragile sur le plan écologique et vulnérable au changement climatique pourrait avoir des répercussions bien au-delà du Tibet et sur les régions situées en aval, notamment en Inde, au Népal et au Bangladesh.

 

L'intervenante a donc plaidé pour un moratoire international sur les grands projets de développement au Tibet, arguant que ces projets ne devraient pas être lancés tant que les Tibétains ne pourront pas donner ou refuser librement leur consentement sans crainte d'arrestation, d'intimidation ou d'autres formes de répression. Elle a également exhorté les pays himalayens à envisager un moratoire immédiat sur les grands projets hydroélectriques jusqu'à la réalisation d'évaluations complètes des risques climatiques, environnementaux et de catastrophes.

 

La réunion d'information a également examiné le rôle des banques multilatérales de développement et des institutions financières internationales dans le financement des projets hydroélectriques à travers l'Himalaya. Lobsang Yagntso a notamment exprimé ses inquiétudes concernant le financement international du projet hydroélectrique de la rivière Trishuli au Népal, affirmant que les institutions financières doivent être tenues responsables lorsque des projets sont lancés malgré des risques connus liés aux glaciers et une évaluation environnementale insuffisante.

 

Elle a souligné la vulnérabilité des infrastructures hydroélectriques aux catastrophes glaciaires soudaines et s'est interrogée sur la prise en compte, par les bailleurs de fonds, de l'instabilité croissante du climat et des conditions géologiques dans leurs évaluations des risques. Elle a soutenu que les institutions financières ne devraient pas considérer les projets hydroélectriques himalayens uniquement comme des opportunités de développement ou d'investissement, en négligeant leurs conséquences potentielles pour les populations, travailleurs, communautés locales et populations situées en aval.

 

Lors de cette séance d'information, il a été demandé de mettre en place une surveillance indépendante, un partage de données en temps réel et des systèmes d'alerte précoce transfrontaliers efficaces, incluant la notification en temps utile des mouvements glaciaires dangereux, des ruptures de lacs glaciaires, des montées soudaines du niveau des cours d'eau et d'autres risques prévisibles.

 

Les intervenants ont appelé la Chine à accorder un accès sans entrave aux zones tibétaines touchées aux organisations humanitaires internationales, aux journalistes indépendants, aux agences d'intervention en cas de catastrophe et aux observateurs des droits humains. Ils ont également exhorté Pékin à garantir que les Tibétains documentant la catastrophe ou communiquant des informations sur la situation humanitaire ne fassent l'objet ni de surveillance, ni de détention, ni d'intimidation, ni de poursuites judiciaires, ni d'autres représailles.

 

La séance a également invité les gouvernements, les médias, les agences humanitaires et les organismes de surveillance internationaux à utiliser systématiquement les noms de lieux tibétains dans leurs déclarations officielles, leurs reportages et leur documentation. Les organisateurs ont fait valoir que l'utilisation d'une terminologie tibétaine exacte ne relevait pas d'une simple préférence linguistique, mais d'une question de rigueur factuelle, de respect culturel et de reconnaissance de l'identité tibétaine. Ils ont exhorté les acteurs internationaux à ne pas adopter sans esprit critique la terminologie officielle chinoise, notamment le terme « Xizang », en particulier lorsqu'ils traitent de questions humanitaires, environnementales ou liées aux droits humains.

 

28 août 2026

La Chine retire les œuvres littéraires et culturelles tibétaines des manuels scolaires en vertu de la nouvelle loi sur l'unité ethnique.

Le bureau d'information de la soi-disant Région autonome du Tibet (RAT) tient une conférence de presse le 12 août 2026 (Photo/TCHRD)

Tenzin Nyidon

DHARAMSHALA, 26 août :

 

Selon un rapport du Centre tibétain pour les droits de l'homme et la démocratie (TCHRD), basé à Dharamshala, la Chine retirerait des œuvres littéraires et culturelles tibétaines traditionnelles des manuels scolaires révisés en langue tibétaine. Cette situation soulève de nouvelles inquiétudes quant à l'avenir de l'enseignement de la langue et de la culture tibétaines dans le contexte de la politique ethnique en constante évolution menée par Pékin. Ces changements interviennent peu après l'entrée en vigueur, le 1er juillet 2026, de la nouvelle loi chinoise sur la « Promotion de l'unité et du progrès ethniques ».

 

Cette loi place l'éducation au cœur des efforts déployés pour cultiver ce que les autorités chinoises appellent un « sentiment d'appartenance à la nation chinoise ». Elle impose aux écoles et autres établissements d'enseignement l'utilisation du mandarin, langue et écriture nationales communes, comme langue d'enseignement principale, et exige des manuels scolaires unifiés au niveau national ainsi que l'intégration de l'éducation à l'identité nationale tout au long du parcours scolaire.

 

Au Tibet, les autorités mettent déjà en œuvre des mesures éducatives conformes à cette loi. Lors d'une conférence de presse organisée le 12 août par le Bureau d'information du gouvernement populaire de la Région autonome du Tibet (RAT), Li Ji, directeur adjoint du Département de l'éducation de la RAT, a annoncé que les autorités allaient intensifier la mise en œuvre de la campagne « Aimer la Chine ». Des cours sur l'unité et le progrès ethniques, a-t-il précisé, seront introduits dans tous les niveaux scolaires, de la maternelle à l'université.

 

La campagne prévoit également un usage accru de la langue nationale commune, de nouveaux manuels scolaires et un renforcement de l'éducation idéologique et politique. Selon les informations communiquées par les autorités de la RAT, des supports pédagogiques promouvant le sentiment d'appartenance à la nation chinoise sont en cours d'élaboration pour les enfants à tous les niveaux d'enseignement. Il s'agit notamment des supports « La nation chinoise est une seule famille » pour la maternelle, « La nation chinoise, une grande famille » pour le primaire, « La grande unité de la nation chinoise » pour le secondaire et « Introduction à la communauté nationale chinoise » pour l'université.

 

Dans ce contexte, une source proche du TCHRD, résidant au Tibet, a indiqué à l'organisation de défense des droits humains le 15 juillet que les autorités chinoises produisaient des manuels scolaires tibétains révisés pour les écoles de certaines régions du Qinghai, du Sichuan et du Gansu. Selon cette source, des œuvres littéraires et culturelles tibétaines traditionnelles étaient retirées des nouvelles éditions. Parmi les ouvrages identifiés comme ayant été supprimés figuraient « Le Miroir de la poésie » (སྙན་ངག་མེ་ལོང་), « Les Traités de l'eau et des bois » de Gungthang Kunchok Tenpai Dronmey et « Les Conseils d'un vieil homme expérimenté » (ཉམས་མྱོང་རྒན་པོའི་འབེལ་གཏམ་).

 

La source a également indiqué que le manuel scolaire tibétain révisé, publié en 2026, était déjà en usage, tandis que le manuel précédent avait été abandonné. Selon cette source, les nouveaux manuels contiennent peu ou pas de contenu culturel tibétain, ce qui risque de limiter l'accès des enfants à leur propre patrimoine littéraire et culturel. La source a également précisé que les enfants sont tenus de fréquenter la maternelle avant d'entrer à l'école primaire et que, par la suite, l'enseignement y est dispensé principalement en mandarin, ce qui réduit les occasions d'utiliser le tibétain, même pour les enfants issus de familles tibétophones.

 

Ces modifications apportées aux manuels scolaires s'inscrivent dans une campagne plus vaste visant à intégrer la nouvelle loi dans toute la société tibétaine. Lors d'une visite dans la Région autonome du Tibet (RAT) le mois dernier, Wang Huning, haut responsable du Parti communiste chinois, a appelé à la pleine application de la loi, à des efforts accrus pour forger une identité nationale unifiée et à la promotion de la sinisation du bouddhisme tibétain. Depuis mars, les autorités de la RAT ont déclaré que les bureaux et les services gouvernementaux avaient organisé 1 882 activités de sensibilisation à la loi, touchant ainsi plus de 258 000 personnes.

 

Dawa Tashi, chercheuse au TCHRD, a souligné que les enfants tibétains doivent avoir un véritable accès à une éducation qui intègre leur langue, leur histoire, leur littérature et leur culture, et que les parents et les communautés tibétaines doivent jouer un rôle significatif dans les décisions concernant le contenu linguistique et culturel de cette éducation. Le TCHRD affirme que la convergence constatée de l'enseignement du mandarin, des programmes scolaires nationaux standardisés et de la suppression des œuvres traditionnelles tibétaines risque de réduire encore davantage la place accordée à la langue et à la culture tibétaines dans l'enseignement formel et d'accélérer la perte de leur transmission parmi les jeunes générations.

28 août 2026

L’avidité des sociétés minières chinoises est-elle à l’origine des inondations au Tibet ?

Image: Prabin Ranabhat/AP

Avec des centaines de Tibétains, de Népalais et de ressortissants étrangers portés disparus ou tués suite aux inondations au Tibet et en aval au Népal, l'attention se porte naturellement sur les souffrances et les pertes causées par cette catastrophe.

 

Pourtant, alors même que des corps sont retrouvés au milieu des décombres, cette catastrophe est présentée comme une prétendue « preuve » du changement climatique. Bien sûr, aucun élément direct et prouvé ne démontre qu'un tel processus ait provoqué la rupture des glaciers et les inondations qui en ont résulté. Cette affirmation semble plutôt s'appuyer sur un rapport de l'Institut d'études géologiques des États-Unis (USGS). Ce rapport faisait initialement état (le 8 août 1926) d'un séisme de magnitude 4,4 survenu à environ 55 km au nord-ouest de Kodāri̇̄, au Népal, avant de rectifier cette hypothèse et d'attribuer l'événement à une activité sismique due à la rupture des glaciers. Cette information a été reprise par les médias du monde entier et largement présentée comme la cause avérée de la dévastation.

 

Cependant, ce qui a déclenché cette catastrophe meurtrière pourrait tout aussi bien être imputé à l'activité humaine, et notamment à l'exploitation minière !

 

La région tibétaine de Kyirong (dont la localisation de l'épicentre aurait été confirmée par l'USGS, selon la propagande chinoise iXizang, « dans le cours supérieur du Tsangpo ») est-elle un hasard si cette même zone est exploitée et prospectée par des entreprises minières chinoises, toujours avides de tirer profit des ressources naturelles du Tibet occupé ?

 

La géologie des montagnes de cette région recèle des gisements de lithium, de béryllium, de niobium et de tantale. À ces altitudes proches de la toundra, on trouve également des champs de neige et de glace ainsi que des zones glaciaires qui alimentent les réseaux fluviaux environnants. De ce fait, toute activité minière est susceptible d'avoir un impact environnemental catastrophique.

 

Image: mindat.org/upgraded by @tibettruth

On nous a signalé qu'une perturbation sismique avait été enregistrée à cet endroit. Pourtant, en concluant hâtivement à une cause naturelle, qu'est-ce qui est négligé ?

 

Premièrement, les sismographes peuvent être déclenchés, et le sont effectivement, par des explosions minières. Ce qui peut sembler être la preuve d'un séisme isolé peut être la conséquence de l'exploitation minière (https://www.nature.com/nature-index/topics/l4/mining-induced-seismicity-monitoring-and-analysis).

 

Deuxièmement, les processus glaciaires sont par nature très dynamiques et dépendent de nombreux facteurs entièrement naturels qui déterminent leur stabilité, leur mouvement, leur accumulation, leur fonte et leur profondeur. Affirmer que cet événement a été provoqué par un prétendu changement climatique à l'origine de la rupture des glaciers est une exploitation grossière et cynique de la part de ceux qui poursuivent un agenda caché.

 

Il existe cependant d'autres facteurs qui peuvent impacter les glaciers, notamment les pratiques minières ! Par exemple, le déversement de déblais miniers sur la surface des glaciers peut accélérer leur progression et modifier la dynamique de leur front glaciaire. L’introduction d’une instabilité (https://agupubs.onlinelibrary.wiley.com/doi/full/10.1002/2015JF003504)

 

De plus, l’exploitation minière en terrain glaciaire ou à proximité peut entraîner des « surtensions » (https://williamcolgan.net/blog/?tag=kumtor).

 

Il faut également envisager l’exploitation minière directe dans, sous et à travers les roches minéralisées sous-jacentes, ainsi que le recours aux détonations, qui peuvent elles-mêmes être à l’origine de la rupture des glaciers.

 

Image: Researched & Verified By @tibettruth

Nous savons que le Tibet est dépouillé de ses ressources naturelles par le régime occupant chinois et ses entreprises corrompues. Il est avéré que la protection de l'environnement est largement ignorée, l'exploitation minière dégradant, polluant et déstabilisant l'environnement autrefois immaculé du Tibet.

 

Ces entreprises opèrent dans la même zone où l'USGS a enregistré un pic d'activité sismique précédant les inondations qui ont suivi. En l'absence quasi totale de contraintes, avec l'autorisation du régime chinois et la seule motivation étant le profit, les écosystèmes glaciaires et montagneux du Tibet sont négligés, permettant des pratiques qui ont de graves conséquences sur l'environnement et les populations, aux niveaux local, régional et transnational.

 

 

Was The Greed Of Chinese Mining Corporations Behind The Tibet Flood?

Les Tibétains, les Népalais et les personnes de nombreuses autres nationalités qui ont été tuées ou portées disparues lors de cette dernière catastrophe pourraient bien avoir été victimes d'un régime chinois exploiteur et de ses sociétés minières irresponsables, obsédées par le profit !

27 août 2026

Le président de l'Administration centrale tibétaine (CTA) confirme des pertes parmi les Tibétains de la colonie de Rasuwa, au Népal, touchée par les inondations, de nombreux disparus..

Une énorme vague d'eau boueuse, de rochers et de débris déferle depuis l'amont (Photo/Reuters)

Tenzin Nyidon

DHARAMSHALA, 27 août :

 

Les crues éclair catastrophiques qui ont frappé la frontière népalo-tibétaine mercredi ont causé des destructions considérables et endeuillé les communautés tibétaines du Tibet et du Népal, selon Penpa Tsering, président de l'Administration centrale tibétaine (ACT). Certains médias tibétains font état d'au moins cinq morts parmi les Tibétains au moment de la rédaction de cet article.

 

Dans un message vidéo diffusé jeudi par Tibet TV, le président de l'ACT a confirmé que des Tibétains vivant à Kyirong, au Tibet, et des membres de la colonie tibétaine de Rasuwa Gegayling, dans le district népalais de Rasuwa, figuraient parmi les victimes. La petite colonie tibétaine de Rasuwa aurait été en grande partie emportée par la crue. Le président Tsering a déclaré que l'on craint que certains résidents tibétains soient morts, tandis que d'autres sont toujours portés disparus. Certains habitants ont toutefois réussi à survivre en fuyant vers les hauteurs ou en escaladant les collines environnantes alors que les eaux submergeaient la vallée.

 

L'ampleur de la catastrophe demeure difficile à évaluer car les communications avec la zone sinistrée sont fortement perturbées. La destruction du réseau électrique de Trishuli prive la région d'électricité et de communications téléphoniques fiables, entravant les efforts visant à établir le nombre de victimes et à évaluer l'étendue des dégâts.

 

Exprimant sa solidarité avec les victimes et leurs familles, le président Tsering a annoncé que des prières et des offrandes religieuses seraient organisées en mémoire des personnes décédées. Une cérémonie de prière et d'offrandes est prévue jeudi à 14 h au temple tibétain principal de Dharamshala en hommage aux victimes de la catastrophe.

 

Capture d'écran du président de l'Administration centrale tibétaine présentant les condoléances de son gouvernement aux victimes des inondations dans la région frontalière entre le Tibet et le Népal.

Sa Sainteté le 14e dalaï-lama a également exprimé sa profonde tristesse face aux destructions et aux pertes humaines causées par les inondations à Rasuwa et Kyirong.

« J’apprends avec tristesse les inondations dévastatrices qui ont frappé la région de Rasuwa au Népal et Kyirong au Tibet, entraînant des pertes humaines et d’importants dégâts matériels », a déclaré le chef spirituel tibétain dans un message de condoléances publié jeudi. Il a prié pour les victimes et a présenté ses sincères condoléances aux familles endeuillées et à toutes les personnes touchées.

 

Le nonagénaire a également attiré l’attention sur la récurrence des catastrophes qui frappent la région himalayenne, évoquant la possibilité de causes environnementales plus profondes. « Cette région ayant déjà connu des calamités par le passé, il s’agit certainement des symptômes d’une cause sous-jacente plus profonde, qu’il s’agisse du changement climatique ou d’autres facteurs », a-t-il déclaré, exprimant l’espoir que des mesures appropriées seraient prises pour réduire la probabilité que de telles catastrophes se reproduisent.

 

Une crue éclair a frappé la région montagneuse mercredi, suite à un effondrement massif de glace, de roches et de débris qui a provoqué un torrent d'eau soudain. Au Népal, les eaux ont déferlé sur les villages situés le long des rivières Bhotekoshi et Trishuli, emportant maisons, routes et ponts et endommageant gravement les infrastructures hydroélectriques.

 

Les autorités népalaises ont confirmé au moins 160 décès, tandis que des centaines de personnes sont toujours portées disparues. Le bilan des victimes restera incertain tant que les équipes de secours n'auront pas pu atteindre les communautés isolées et fortement sinistrées.

 

Selon les informations disponibles, les opérations de secours et de déblaiement sont compliquées par la destruction des infrastructures, les coupures de courant, l'interruption des réseaux de communication et le relief accidenté de l'Himalaya. Les équipes d'urgence poursuivent leurs recherches de survivants et de personnes disparues, tout en évaluant l'ampleur des dégâts causés par l'une des crues les plus dévastatrices qu'ait connues la région ces dernières années.

26 août 2026

Des inondations soudaines et meurtrières ont frappé la frontière entre le Népal et le Tibet, des Tibétains figurent parmi les victimes.

Un survivant est transporté vers un endroit plus sûr dans une pelleteuse après une crue éclair à Trishuli, dans le district de Nuwakot, au Népal, le 26 août 2026 (Photo/Reuters)

Tenzin Nyidon

DHARAMSHALA, 26 août :

 

Une crue éclair et un glissement de terrain catastrophiques ont frappé le district népalais de Rasuwa, près de la frontière tibétaine, tôt mercredi matin. Le bilan est d'au moins 95 morts et des centaines de disparus. Des torrents d'eau, de boue et de débris ont inondé des villages, détruit les infrastructures et coupé des voies de transport essentielles.

 

Selon les informations disponibles, la catastrophe a également touché le côté tibétain de la frontière. Un puissant glissement de terrain a frappé la zone frontalière de Kyirong (en chinois : Gyirong), au Tibet, ensevelissant des bâtiments et endommageant les routes, les réseaux d'électricité et de communication. Les médias d'État chinois ont fait état d'au moins trois morts et 265 disparus dans le comté de Kyirong, et d'importantes opérations de recherche et de sauvetage sont en cours. On craint que les Tibétains vivant le long de la frontière soient gravement touchés, bien que le nombre exact de victimes soit impossible à établir pour le moment.

 

Du côté népalais, la rivière Bhotekoshi a déferlé violemment sur Rasuwa et les zones avoisinantes, emportant maisons, routes, ponts, véhicules et infrastructures hydroélectriques. Les localités frontalières de Timure et Syapru Besi ont été parmi les plus touchées, et des communautés riveraines entières auraient été inondées. Les destructions ont contraint les équipes de secours à faire face à des routes gravement endommagées et à des communications interrompues, rendant difficile l'accès aux zones les plus sinistrées.

 

Les autorités népalaises ont signalé des centaines de personnes portées disparues. L'Office du tourisme du Népal a indiqué que des centaines de voyageurs, dont des touristes étrangers et des pèlerins, étaient portés disparus dans la région sinistrée. Selon de premiers chiffres, le nombre de ressortissants étrangers disparus s'élevait à 341, tandis que d'autres sources font état de plus de 380 disparus. Ces chiffres restent fluctuants, les autorités s'efforçant de recouper les informations provenant de différentes sources.

 

Cette catastrophe est particulièrement préoccupante car la région frontalière constitue un axe de passage majeur pour les voyageurs se rendant au Tibet et au mont Kailash. Nombre des personnes portées disparues étaient des touristes et des pèlerins qui traversaient le corridor himalayen au moment des inondations. Des ressortissants de plusieurs pays, dont l'Inde, les États-Unis, le Royaume-Uni, la Malaisie, l'Afrique du Sud, l'Australie et les Pays-Bas, sont portés disparus.

 

La chronologie exacte des événements ayant provoqué la catastrophe est toujours en cours d'investigation. Les premiers éléments de l'enquête indiquent qu'une avalanche ou un important glissement de terrain rocheux et glaciaire pourrait avoir déferlé dans le bassin versant de la Lhende Khola ou de la Bhotekoshi, déplaçant brutalement un volume d'eau considérable en aval. Reuters a rapporté qu'un séisme avait été détecté avant la catastrophe, tandis que des analyses satellitaires suggèrent également qu'un glissement de terrain rocheux et enneigé près de la frontière népalo-tibétaine pourrait en être la cause.

 

Les autorités ont également mis en garde contre le risque de nouvelles inondations. Un barrage persiste en amont, et les responsables ont exhorté les populations riveraines des bassins versants de la Bhotekoshi et de la Trishuli à se mettre à l'abri et à rester vigilantes. Le risque d'une seconde crue complique davantage les opérations de secours.

 

Les opérations de recherche et de sauvetage se poursuivent des deux côtés de la frontière, mobilisant les forces de sécurité, les équipes d'intervention et les autorités locales. Cependant, l'ampleur des destructions, l'instabilité du terrain, l'importante quantité de sédiments et les infrastructures endommagées ont rendu l'accès difficile à plusieurs zones sinistrées. Dans certaines régions du Népal, la montée des eaux a également empêché les hélicoptères de secours d'atterrir en toute sécurité.

 

Le bilan des victimes reste provisoire et devrait s'alourdir à mesure que les secouristes atteignent les zones encore isolées et poursuivent la récupération des corps sous les décombres. Avec des centaines de personnes toujours portées disparues et les communications interrompues dans certaines parties de la région frontalière, les autorités n'ont pas encore pu établir l'ampleur exacte des pertes humaines et matérielles.

 

Alors que les équipes de secours continuent de ratisser les zones frontalières dévastées à la recherche de survivants et de disparus, l'ampleur de la tragédie continue de se préciser, et les autorités préviennent que le bilan final pourrait être considérablement plus lourd.

 

20 août 2026

Digital Activism In Support Of Tibetan Independence.

tibettruth

Un réseau à but non lucratif de personnes œuvrant pour la justice, les droits humains et l'indépendance des peuples du Tibet et du Turkestan oriental. Présents dans plusieurs pays, nos membres s'engagent bénévolement et soutiennent activement la cause de l'indépendance du Tibet. Nous ne sommes pas une organisation hiérarchisée : sans bureaux, sans salaires ni rémunération, sans revenus issus de la vente de produits dérivés, nous dépendons de la générosité de donateurs individuels pour financer nos recherches et nos campagnes.

20 août 2026

Opinion : Le coût d'être Tibétain.

(Photo/Kaydor Aukatsang)

Par Kaydor Aukatsang

 

La lutte pour notre patrie doit être financée par nous-mêmes. Si nous ne le faisons pas, personne ne le fera.

 

En 1921, le Mahatma Gandhi a lancé le fonds « Tilak Swaraj », qui a permis de récolter environ dix millions de roupies en six mois grâce à une multitude de petits dons. Cette somme, équivalant aujourd'hui à près de dix milliards de roupies (environ 105 millions de dollars américains), a financé son mouvement de non-coopération contre la domination coloniale britannique en Inde.

 

D'autres mouvements d'indépendance ont été soutenus de manière similaire. Michael Collins a lancé les obligations de l'emprunt du Dáil en 1919 pour financer le mouvement pour l'indépendance de l'Irlande. Sun Yat-sen a puisé une grande partie de ses ressources auprès des communautés chinoises d'outre-mer pour soutenir la révolution de 1911. Le Front de libération nationale (FLN) a prélevé une « taxe révolutionnaire » auprès des travailleurs algériens en France et dans la diaspora pour financer sa lutte armée contre la domination coloniale française entre 1954 et 1962. La Révolution américaine, elle aussi, a reposé sur des dons publics, des obligations de guerre et des prêts citoyens pour financer sa guerre d'indépendance. José Martí a financé la lutte pour l'indépendance de Cuba contre l'Espagne dans les années 1890 en grande partie grâce aux ouvriers cubains exilés dans l'industrie du cigare en Floride, dont beaucoup s'engageaient régulièrement à verser une journée de salaire à la cause.

 

Chaque mouvement de libération est unique, mais beaucoup d'entre eux partageaient un fondement simple : les membres de la communauté — citoyens ordinaires comme personnes aisées — finançaient eux-mêmes leurs luttes.

 

Ce qui distingue le mouvement pour la liberté du Tibet, c'est que les Tibétains ont largement évité d'assumer la responsabilité financière de leur propre lutte. En fait, nous avons tous profité de la situation sans y contribuer à la hauteur requise. Depuis 1972, les Tibétains en exil participent au système du « Livre vert » (*Dhanglang Chatrel*), un programme de contribution volontaire. Toutefois, les cotisations annuelles restent modestes et représentent moins de 10 % des recettes annuelles de l'Administration centrale tibétaine (ACT). De plus, une part importante des adultes éligibles ne cotise pas régulièrement, voire pas du tout.

 

Pourquoi il est temps pour les Tibétains de financer eux-mêmes leur liberté.

 

L'ère de la dépendance est révolue.

 

Sa Sainteté le Dalaï-lama a quatre-vingt-onze ans. Depuis près de soixante-dix ans, lui et la CTA ont porté ensemble notre communauté et notre cause à bout de bras. En assumant la charge financière de notre propre lutte, nous honorons la dette que nous avons envers eux. Plus important encore, une lutte financée principalement par les siens jouit d'une légitimité qu'une lutte dépendante des fonds d'autrui ne saurait avoir.

 

Une mise à l'abri des aléas géopolitiques.

 

Le soutien des gouvernements étrangers fluctue au gré des relations avec Pékin. Lorsque la survie d’un mouvement dépend des politiques de Washington, de New Delhi ou de Bruxelles à l’égard de la Chine, un réchauffement des relations, un changement d’administration ou un virage stratégique peuvent entraîner une réduction brutale, voire la suppression, de l’aide. Les Tibétains en ont fait l’expérience lorsque les États-Unis ont réduit leur aide extérieure en 2025. Bien que le Congrès américain ait rétabli le financement des programmes tibétains en 2026, l’administration Trump n’a toujours pas débloqué la majeure partie des fonds. Il convient certes de continuer à solliciter l’aide au développement et d’autres formes de soutien auprès des gouvernements étrangers. Toutefois, il serait bien plus réaliste — et bien plus pérenne — de financer nous-mêmes, dans la mesure du possible, notre lutte pour la liberté et nos actions de plaidoyer politique.

 

Contrer le discours de Pékin.

 

La Chine présente depuis longtemps le mouvement tibétain pour la liberté comme une initiative orchestrée par des puissances étrangères. Un mouvement financé principalement par les Tibétains eux-mêmes bat en brèche ce récit. Il démontre que les Tibétains ne sont pas les instruments de gouvernements étrangers ; nous investissons nos propres ressources dans notre propre avenir.

 

Un budget qui ne laisse pas de place à la lutte.

 

Lors de sa création en 1959, l’Administration centrale tibétaine (CTA) a dû faire face à la nécessité immédiate de prendre en charge les réfugiés nouvellement arrivés ; depuis lors, les impératifs d’aide sociale ont pris le pas sur le plaidoyer politique. Soixante-cinq ans plus tard, la situation a peu évolué : plus de 70 % du budget annuel de la CTA sont toujours consacrés au développement, à la santé et à l’éducation, alors même que la population en exil en Asie du Sud diminue et qu’une part croissante de la communauté atteint l’autosuffisance financière. Les besoins liés à la prise en charge de la communauté n’ont tout simplement jamais laissé de marge de manœuvre pour financer la lutte elle-même.

 

Une nouvelle capacité.

 

La communauté tibétaine arrivée en Asie du Sud en 1959, alors composée de réfugiés démunis, n’est plus celle d’aujourd’hui. La population en exil et la diaspora comptent désormais une génération prospère, instruite et qualifiée, répartie entre l’Amérique du Nord, l’Europe et l’Australasie, aux côtés de communautés d’affaires bien établies en Asie du Sud.

 

L’histoire montre que le financement de leur propre libération par les citoyens eux-mêmes est la norme, et non l’exception. Si les Tibétains sont réellement déterminés non seulement à poursuivre la lutte, mais aussi à la mener vers une résolution juste et rapide, nous ne pouvons plus dépendre principalement du soutien extérieur et de l’argent d’autrui.

 

La lutte comme un enfant.

 

Dans un monde idéal, chaque Tibétain considérerait la lutte pour la liberté comme l'enfant collectif du peuple tibétain.

 

Tout comme les parents subviennent aux besoins de leurs enfants sans qu'on le leur demande, chaque Tibétain devrait être prêt à soutenir la lutte ; car le sort de cet enfant collectif déterminera si nos propres enfants hériteront d'une langue, d'une terre, d'un nom et d'une patrie où retourner.

 

Demandez à n'importe quel parent tibétain ce qu'il en coûte d'élever un enfant : la plupart sont incapables de le dire précisément, car ils n'ont jamais fait le compte. En dix-huit ans, une famille dépensera l'équivalent d'un quart de million de dollars ou plus pour un seul enfant aux États-Unis ; environ 3 à 4 millions de roupies en Inde ; quelque 250 000 livres sterling au Royaume-Uni ; environ 293 000 dollars canadiens au Canada ; et près de 300 000 dollars australiens en Australie. Ces chiffres supposent que l'enfant fréquente l'école publique gratuite.

 

Personne ne suggère que les Tibétains consacrent des sommes comparables à la lutte pour la liberté. Ce n'est pas le montant qui compte, mais le principe. L'enfant est une charge qu'aucun parent n'envisage de déléguer à autrui. Nous l'assumons nous-mêmes parce que l'enfant est le nôtre. Le sacrifice exigé est immense, et pourtant nous le consentons volontiers, car nous croyons que l'avenir de nos enfants en vaut la peine.

 

Financer la lutte constitue, dans le même ordre d'idées, un investissement dans l'avenir de nos enfants. Si la lutte est perdue, et le Tibet avec elle, l'enfant que nous avons élevé au prix de tous nos efforts héritera d'un avenir sans Tibet : sans langue, sans nom, sans terre et sans possibilité de retour vers une patrie libre. Même le mot « Tibet » pourrait être effacé : Pékin le remplace déjà par « Xizang » dans les communications officielles en anglais.

 

Vie, sang ou argent.

 

Le 2 juillet 2026, Lobga Rangzen a planté un drapeau tibétain devant le siège des Nations unies et s'est immolé par le feu — devenant ainsi le premier Tibétain à accomplir cet acte sur le sol américain et occidental, un jour seulement après l'entrée en vigueur de la « Loi de Pékin sur la promotion de l'unité et du progrès ethniques ». Pour qu'une lutte pour la liberté réussisse, une communauté doit être prête à sacrifier sa vie, son sang ou son argent. À ce jour, plus de 170 Tibétains ont sacrifié leur vie en s'immolant par le feu, tant au Tibet qu'à l'étranger. Toutefois, rares sont ceux qui peuvent suivre l'exemple d'âmes courageuses telles que Lobga Rangzen — et, surtout, rien ne les y oblige. Chaque vie tibétaine est précieuse. Elle doit être préservée afin de servir la lutte de longue haleine pour le Tibet.

 

Le sacrifice du sang ou de son intégrité physique n'est pas non plus une option pour la plupart des Tibétains. La lutte pour la liberté du Tibet est par nature non violente, et nous avons renoncé à la lutte armée. Sa Sainteté le Dalaï-Lama a défini une approche fondée sur le dialogue, la compréhension mutuelle et une résolution pacifique avec le gouvernement chinois.

 

Il reste alors une option ouverte à tous — que l'on privilégie l'indépendance totale ou l'approche de la « Voie du milieu », qui envisage le maintien du Tibet au sein de la Chine avec une autonomie réelle : apporter un soutien financier et permettre à la lutte pour la liberté du Tibet d'acquérir une totale autonomie financière. Si nous ne pouvons donner notre vie et ne voulons pas verser notre sang, il nous reste alors l'argent à offrir — et l'argent, lorsqu'il est donné avec constance, n'est pas une contribution négligeable.

 

Une ligne budgétaire.

 

Personne n'est tenu de verser une somme équivalente au coût d'entretien d'un enfant. Un don unique, aussi généreux soit-il, ne constitue pas non plus la solution idéale. Ce dont la lutte a besoin, c'est d'un soutien plus constant.

 

Chaque foyer met de l'argent de côté pour le loyer ou le crédit immobilier, les courses, les frais de scolarité, l'assurance maladie et les autres dépenses courantes. Il devrait également y avoir une ligne budgétaire fixe — provisionnée mensuellement ou annuellement — consacrée à la lutte pour la liberté.

 

La liberté du Tibet n'est pas une cause que l'on soutient uniquement lorsque l'on se sent ému. C'est une responsabilité inhérente au fait d'être Tibétain. Un tel engagement apporte à la lutte ce qui lui a toujours manqué : des ressources fiables sur lesquelles bâtir l'avenir. Cette contribution régulière ne relève pas de la charité ponctuelle ; elle fait partie intégrante de notre identité. Soutenir la lutte pour la liberté du Tibet devient tout simplement l'une des composantes du coût de la vie en tant que Tibétain.

 

Lobga a donné sa vie en un seul acte. À nous, il est simplement demandé de contribuer régulièrement, aussi longtemps que durera la lutte. C'est la moindre des choses que nous puissions faire — et c'est précisément pour cela que nous devons le faire.

 

Le calcul de l'autonomie.

 

Prenons les Tibétains en âge de travailler de la diaspora occidentale — environ 61 500 personnes au total : près de 35 000 en Amérique du Nord, 24 000 en Europe occidentale et 2 500 en Australasie. Ne comptabilisons que 35 000 d'entre eux comme ayant un revenu et laissons les autres de côté.

 

Attribuons à chacun une contribution modeste et fixe :

 

50 dollars par mois — soit environ le prix d'un forfait de téléphonie mobile — permettraient de récolter près de 21 millions de dollars par an.

 

Prenons maintenant les Tibétains en âge de travailler en Asie du Sud — environ 50 000 personnes. Ne comptabilisons que 25 000 d'entre eux comme ayant un revenu.

 

Attribuons à chacun une contribution plus modeste :

 

20 dollars par mois — soit environ le prix d'un plein d'essence pour un deux-roues — permettraient de récolter près de 6 millions de dollars par an.

 

En combinant ces deux chiffres, et même en se fondant sur des hypothèses délibérément prudentes, la communauté pourrait réunir un minimum de 27 millions de dollars américains chaque année pour financer sa propre lutte pour la liberté — et ce montant constitue un seuil minimal. Une participation plus large, ainsi qu'un soutien émanant du Tibet lui-même un jour, pourraient propulser ce mouvement bien plus haut.

 

L'argent n'est pas l'obstacle. Il ne l'a jamais été. L'obstacle réside dans une habitude d'esprit : la conviction tacite que quelqu'un d'autre paiera. C'est cette habitude qu'il nous faut briser.

 

Le Fonds pour la liberté du Tibet.

 

Dans l'idéal, la totalité des 27 millions de dollars serait regroupée au sein d'un fonds unique à usage spécifique, géré par une institution existante. Pour diverses raisons, cela pourrait s'avérer irréalisable. Par ailleurs, créer une organisation entièrement nouvelle uniquement pour recevoir ces contributions n'est ni nécessaire ni réaliste.

 

La meilleure alternative consiste à ce qu'un petit nombre d'organisations de confiance, opérant chacune dans un pays donné, mettent en place un « Fonds pour la liberté du Tibet » — un compte dédié dont les fonds sont exclusivement réservés aux activités et campagnes soutenant la lutte pour la liberté du Tibet. Les donateurs pourraient verser leur contribution à l'organisation participante la plus accessible dans leur pays de résidence. Tout Tibétain en mesure de le faire devrait mettre en place un don récurrent (mensuel ou annuel) au profit de l'un de ces fonds.

 

Parmi les organisations bien placées pour gérer un tel fonds, on peut citer l'Administration centrale tibétaine (CTA) et le Congrès de la jeunesse tibétaine en Inde et au Népal ; Students for a Free Tibet et l'International Tibet Network aux États-Unis ; le Canada Tibet Committee au Canada ; ainsi que les principales associations tibétaines dans des villes telles que New York, Toronto, Zurich, Paris, Bruxelles, Amsterdam et Melbourne.

 

Si vous préférez ne pas passer par l'une de ces organisations, vous pouvez faire un don directement à des personnes de confiance ou à des campagnes légitimes œuvrant pour contrer les politiques du gouvernement chinois et faire avancer la lutte pour la liberté du Tibet.

 

Le principe importe plus que le destinataire spécifique : les Tibétains doivent commencer à financer eux-mêmes la lutte.

 

L'engagement : Un soutien pour le Tibet.

 

Vous pouvez approuver chaque mot de cet essai sans que cela ne rende le Tibet plus libre. L'important n'est pas l'approbation, mais l'action.

 

Nous avons commencé par nous interroger sur le coût d'élever un enfant : un quart de million de dollars, voire plus, une somme que nous donnons sans hésiter, car cet enfant est le nôtre. Le Tibet est l'enfant de nous tous. La seule question qui reste est simple :

 

Allez-vous lui consacrer un rôle dans votre vie ?

 

Prenez cet engagement, avec les mots qui vous viennent, et soyez-en sincère :

 

Je ne peux pas donner ma vie, et mon peuple ne me le demande pas. On ne nous demande pas de verser notre sang, car notre combat est un combat pour la paix. Mais je peux apporter ma contribution, et je le ferai. Je m'engage à mettre de côté ____ chaque mois pour la liberté du Tibet – non pas par charité ponctuelle, mais comme une ligne budgétaire permanente, au même titre que mon loyer, ma nourriture et la scolarité de mes enfants, car soutenir le Tibet fait partie intégrante de mon identité tibétaine. Je prends cet engagement tant que le Tibet ne sera pas libre. C'est le moins que je puisse faire, et donc le strict minimum que je me dois de faire.

 

Ensuite, pour concrétiser cet engagement, faites trois choses :

 

Choisissez votre montant et automatisez-le. Une somme fixe ou une part fixe de vos revenus – selon ce que vous pouvez maintenir année après année.

 

Automatisez-le. Programmez un virement automatique.

 

Versez-le à l’une des organisations suggérées ou donnez-le directement à un militant ou à une campagne. Prenez cette décision une fois pour toutes et tenez-vous-y.

 

Parlez-en ouvertement aux autres Tibétains. Un engagement témoigné est un engagement tenu – et chaque personne à qui vous en parlez est une personne que vous pourriez inciter à s’engager à vos côtés.

 

Lobga a tout donné dans son sacrifice en dehors des Nations Unies. Il ne nous a rien demandé en retour, si ce n’est que nous ne laissions pas le feu qu’il a allumé être vain. Nous lui répondons non pas en le suivant dans les flammes, mais en poursuivant le combat pour lequel il est mort – avec constance, en silence, ensemble, et enfin sur nos propres épaules.

 

Il est temps de payer pour un Tibet libre – non pas de nos vies, ni de notre sang, mais de nos moyens, avec constance et fidélité, ensemble. Voilà le prix à payer pour être Tibétain, et c'est le minimum que nous puissions faire pour la seule chose qui vaille le moindre sacrifice : un Tibet libre. Que cela commence dès aujourd'hui par une simple ligne, dans un seul budget : le vôtre. Pour ma part, j'ai commencé en juillet 2026, le mois où Lobga Rangzen a donné sa vie pour le Tibet – une contribution mensuelle de 100 $. Je vous invite à me rejoindre.

 

(Les opinions exprimées sont les siennes.)

 

L'auteur est un ancien représentant de Sa Sainteté le Dalaï Lama en Amérique du Nord et a travaillé pour l'Administration centrale tibétaine en tant que responsable de la résilience et directeur du SARD au sein du ministère des Finances.

 

 

20 août 2026

Des militants tibétains parcourent 360 km à vélo jusqu'à Dharamsala en mémoire du martyr Lobga Rangzen.

Un groupe de 10 militants tibétains arrive à Dharamsala le 19 août 2026, après avoir parcouru plus de 360 ​​km depuis Paonta Sahib (Photo Phayul / Sonam Tobgyal)

Tenzin Nyidon

DHARAMSHALA, 19 août :

 

Bravant les pluies torrentielles de la mousson, une chaleur accablante et des tronçons en montée éprouvants, un groupe de dix militants tibétains a achevé une course cycliste exténuante de plus de 360 ​​kilomètres reliant Paonta Sahib à Dharamshala en six jours, pour finalement arriver dans cette ville de montagne mercredi.

 

À leur arrivée, les cyclistes ont reçu un accueil chaleureux de la part de membres du Congrès de la jeunesse tibétaine (TYC) et de la communauté tibétaine locale. Trempés par la pluie et visiblement grelottants après ce périple ardu, les bénévoles — vêtus de t-shirts noirs arborant le message « Pawo Lobga est mort pour un Tibet libre » — ont scandé des slogans réclamant l'indépendance du Tibet et la liberté pour le pays.

 

Le groupe de cyclistes comprenait Ngawang Paljor, président de la section du TYC à Paonta, ainsi que Jampa Yeshi, Namgyal, Tsering Wangyal, Namgyal Tashi, Ngawang Tenpa, Tenzin Yarphel, Karma Tashi, Tsering Tenzin et Tenzin Tsering. Organisée par la section régionale du Congrès de la jeunesse tibétaine de Paonta, cette course a eu lieu en mémoire du regretté militant pour l'indépendance du Tibet, Lobga Rangzen ; le 49e jour suivant son décès sera commémoré demain (20 août) par les Tibétains du monde entier.

 

Ngawang Paljor, président du TYC Poanta, s'adresse aux représentants des médias au terme du rallye cycliste (photo Phayul / Sonam Tobgyal).

S'adressant aux représentants des médias après son arrivée à Dharamshala, Ngawang Paljor a expliqué que les cyclistes avaient délibérément programmé leur périple pour qu'il coïncide avec la commémoration du 49e jour. Le groupe participera à une prière commune et à une marche pacifique organisées par l'Administration centrale tibétaine (ACT), reliant le temple tibétain principal au terrain de la police de Dharamshala.

 

Il a précisé que cette campagne visait également à attirer davantage l'attention sur la situation au Tibet et à protester contre la nouvelle « Loi sur l'unité et le progrès ethniques » mise en œuvre par la Chine, un texte dénoncé par les militants et les dirigeants tibétains en exil comme un nouvel instrument d'assimilation.

 

Selon lui, ce rassemblement ne se résumait pas à une simple expédition cycliste au long cours ; il s'agissait de porter la cause tibétaine directement auprès de la population et des médias tout au long du parcours. Les bénévoles ont échangé avec les communautés locales et les médias, tenant notamment une conférence de presse à Chandigarh pour exposer leurs préoccupations.

 

Évoquant les défis rencontrés au cours de ce périple de six jours, il a indiqué que les cyclistes avaient dû affronter une chaleur intense, des pluies persistantes et des ascensions éprouvantes, tout en parcourant environ 40 à 50 kilomètres par jour. Malgré ces conditions physiquement exigeantes, les dix bénévoles ont mené l'aventure à son terme avec succès.

 

Ngawang Paljor a également exprimé sa gratitude envers l'Inde et le peuple indien pour leur soutien et leur solidarité indéfectibles, manifestés depuis des décennies envers les Tibétains en exil.

 

Alors que la commémoration du 49e jour est prévue pour jeudi, il a insisté sur la nécessité pour la communauté tibétaine de ne pas laisser retomber la mobilisation militante après cette journée de souvenir. Il a exhorté les Tibétains à poursuivre l'organisation de campagnes et d'activités selon leurs moyens, affirmant que de telles initiatives contribueraient à préserver le message et l'ultime appel de feu le martyr tibétain Lobga Rangzen ; ce dernier avait réclamé l'indépendance du Tibet et appelé ses compatriotes à rester unis dans leur lutte avant de s'immoler par le feu devant le siège des Nations unies à New York, le 2 juillet 2026.

20 août 2026

Le fils d'un militant chinois détenu pour une photo du dalaï-lama conteste l'accusation de « séparatisme ».

Zhang Hongyuan (à droite) avec son père, Zhang Yi (à gauche) (Photo/HRIC)

Tenzin Nyidon

DHARAMSHALA, 18 août :

 

Le fils de Zhang Yi, militant chinois pro-démocratie actuellement emprisonné, a contesté le fondement juridique de l'accusation d'« incitation au séparatisme » portée contre son père ; il affirme ne pas comprendre comment le simple fait de montrer une photographie du chef spirituel tibétain, Sa Sainteté le 14e Dalaï-lama, a pu être interprété comme une infraction politique.

 

Dans un témoignage transmis à l'organisation de défense des droits humains Human Rights in China (HRIC), basée à New York, Zhang Hongyuan a déclaré que l'arrestation de son père ne l'avait pas surpris, mais qu'elle marquait l'aboutissement d'une crainte qu'il nourrissait depuis son départ de Chine. Il vit désormais aux Pays-Bas.

 

Zhang Yi, un retraité originaire de Wuhan, a été interpellé par la police à Lhassa le 1er juillet après avoir montré une photographie du Dalaï-lama à une femme tibétaine au monastère de Sera. Il a ensuite été placé en détention pénale et officiellement arrêté pour « incitation au séparatisme », en vertu de l'article 103 du Code pénal chinois.

 

Le 18 juillet, son statut a été modifié : il est passé d'une détention administrative à une détention pénale au centre de détention de Lhassa. Une douzaine de jours plus tard, les autorités ont validé son arrestation formelle. L'accusation d'« incitation au séparatisme » repose sur l'article 103, qui érige en infraction les actes interprétés par l'État comme encourageant la séparation d'une partie du territoire chinois. Toutefois, selon sa famille, le comportement de Zhang Yi n'avait rien à voir avec du militantisme politique.

 

Zhang Hongyuan a précisé que son père n'avait organisé aucune manifestation, prononcé aucun discours politique, distribué aucun document ni appelé à l'indépendance du Tibet. Il s'est contenté, a-t-il expliqué, de montrer une vieille photographie alors qu'il tentait de communiquer avec une femme qui ne parlait pas mandarin.

 

La photographie du Dalaï-lama revêt cependant une sensibilité politique particulière au Tibet. Les autorités chinoises qualifient depuis longtemps le Dalaï-lama de séparatiste, malgré ses tentatives d'engager un dialogue avec Pékin en vue d'obtenir une autonomie réelle dans le cadre constitutionnel chinois. Au Tibet occupé, la simple possession ou l'exposition de sa photographie peut être considérée comme un acte à portée politique et entraîner l'emprisonnement.

 

Zhang Hongyuan a soutenu que ce contexte ne suffisait pas à justifier l'accusation portée contre son père. « Un touriste à Lhassa a montré une photo du dalaï-lama à une personne avec qui il ne partageait même pas la langue — une personne trop effrayée pour même la regarder — et l’on prétend qu’il a incité au séparatisme », a-t-il déclaré. « À quoi a-t-il incité ? Et quelle sécession a-t-il provoquée ? » Il a souligné que la question centrale restait sans réponse : qu’est-ce que les autorités estiment, précisément, avoir été suscité par cet échange ?

 

Zhang Hongyuan a affirmé que cette affaire mettait en lumière la façon dont une portée politique pouvait être attribuée à des objets pourtant ordinaires. Au Tibet, a-t-il expliqué, une simple photographie peut être interprétée comme un acte politique, selon le contexte dans lequel elle est perçue. Il a ajouté que la femme rencontrée au monastère de Sera semblait trop effrayée pour s’intéresser à l’image ; pourtant, l’incident a été jugé suffisamment grave pour justifier une arrestation et un placement en détention pénale.

 

Évoquant cette affaire, Zhang Hongyuan a déclaré : « D’ordinaire, ce sont les pères qui se rendent au commissariat pour récupérer leur fils. Dans mon cas, c’est un fils qui est allé au commissariat pour récupérer son père. » Zhang Hongyuan a appelé les observateurs internationaux à continuer de parler du cas de son père. Il a indiqué que, si l’attention du public ne permettait peut-être pas d’obtenir sa libération immédiate, elle avait déjà conduit les autorités chinoises à interroger des proches au sujet des informations diffusées à l’étranger, prouvant ainsi que cette surveillance ne passait pas inaperçue.

 

« Je mène campagne, je ne fuis pas et je ne reculerai en aucun cas », a-t-il affirmé.

 

20 août 2026

Un jeune Tibétain achève une marche pour la paix de 800 km entre Dharamshala et Leh en faveur de la préservation de la langue.

Kalsang Tharchin (quatrième en partant de la gauche) et Stanzin Choedak (troisième en partant de la gauche) avec des membres de la communauté locale à Leh, après leur arrivée à Choglamsar (Photo : Penpa Dorjee)

Tenzin Nyidon

DHARAMSHALA, 17 août :

 

Kalsang Tharchin, un jeune Tibétain ayant entrepris une marche en solitaire, est arrivé dimanche vers 9 heures du matin à la colonie tibétaine de Choglamsar, à Leh. Il a ainsi achevé une marche pour la paix d'un mois reliant Dharamshala au Ladakh, visant à sensibiliser l'opinion publique à l'urgence de préserver la langue et l'identité culturelle tibétaines, menacées de disparition par les politiques implacables menées par la Chine au Tibet occupé.

 

Tharchin a entamé son périple à Dharamshala le 15 juillet et a parcouru environ 800 kilomètres à travers certains des terrains les plus difficiles de l'Himalaya, traversant cols, vallées et zones isolées. Pour la dernière étape de son voyage, il a été rejoint par Stanzin Choedak, un jeune originaire du Zanskar, qui a marché à ses côtés et soutenu sa campagne.

 

À son arrivée à Choglamsar, Tharchin a été accueilli par des représentants du Bureau de la colonie tibétaine et des membres de la communauté tibétaine locale. Cet accueil marquait l'aboutissement d'un périple physiquement éprouvant, entrepris pour attirer l'attention sur l'importance de sauvegarder le patrimoine linguistique et culturel tibétain.

 

S'adressant à Phayul, Tharchin a expliqué que sa campagne était motivée par des inquiétudes concernant les politiques mises en œuvre par le gouvernement chinois ; selon lui, ces mesures menacent la survie de la langue et du patrimoine culturel tibétains. Il a également précisé que cette marche avait été entreprise en mémoire de Lobga Rangzen, un militant pour l'indépendance du Tibet qui s'est immolé par le feu devant le siège des Nations unies à New York, le 2 juillet.

 

Tharchin a souligné que sa campagne ne se voulait pas seulement une protestation contre les politiques chinoises, mais aussi un appel positif en faveur de la préservation et de la protection de la langue tibétaine. Il a ajouté que la campagne visait également à attirer l'attention sur la récente mise en œuvre de la loi chinoise sur l'unité ethnique, qui, selon lui, constitue un défi supplémentaire pour la préservation de l'identité linguistique et culturelle tibétaine.

 

Un drapeau blanc, porté tout au long de la marche, a servi de symbole central à la campagne. Il arbore les caractères « Ka Kha Ga Nga » — les quatre premières lettres de l'alphabet tibétain, symbolisant la langue tibétaine — ainsi qu'un message évoquant la résilience et la victoire. Tharchin a affirmé que ce message reflétait l'objectif plus large de la marche : défendre la langue tibétaine en tant que pilier fondamental de l'identité et de la continuité culturelles. Selon lui, la préservation de la langue constitue en soi un moyen de résister aux politiques qui menacent d'éroder le patrimoine culturel tibétain.

 

Après avoir achevé le tronçon Dharamsala-Leh de son périple, Tharchin a fait savoir qu'il comptait poursuivre sa marche depuis Leh en direction du Pangong Tso — un lac de haute altitude situé près de la frontière entre l'Inde et le Tibet — afin d'étendre sa campagne au Ladakh, l'État indien frontalier du Tibet.

 

 

20 août 2026

Lettre ouverte : Armes prohibées à l'ambassade de Chine.

 

Une mise à l'épreuve des engagements de ce gouvernement en matière de répression transnationale.

 

Monsieur le Premier ministre,

 

Le 3 juillet, des agents de sécurité de l'ambassade de Chine à Londres ont été filmés sur Portland Place alors qu'ils brandissaient, depuis les portes de la mission, ce qui semblait être des armes à impulsion électrique (tasers) produisant des étincelles en direction de personnes se trouvant sur la voie publique. La police métropolitaine a confirmé qu'une enquête était en cours. Les personnes présentes dans la rue étaient des citoyens britanniques participant à une veillée aux bougies.

 

Ce type d'arme est interdit en vertu de l'article 5 de la loi de 1968 sur les armes à feu (*Firearms Act 1968*). Si les dispositifs visibles sur les images étaient bien des armes à impulsion électrique en état de marche, leur présence soulève une question à laquelle aucune enquête de police ne peut répondre : comment des armes prohibées ont-elles pu se trouver dans des locaux où la police britannique ne peut pénétrer sans consentement, et quelles garanties le public a-t-il quant à l'absence d'autres objets interdits par la législation britannique en ces lieux ? Quel que soit le moyen par lequel ces objets ont été introduits — valise diplomatique, bagages exemptés de contrôle ou acquisition au sein du Royaume-Uni —, cela implique une conduite illégale. L'article 41 de la Convention de Vienne sur les relations diplomatiques impose aux bénéficiaires de privilèges diplomatiques de respecter les lois de l'État accréditaire.

 

Vous avez pris vos fonctions après cet incident, mais vous héritez de la question qu'il soulève ainsi que d'une tendance plus large dont il témoigne. En octobre 2022, un manifestant a été traîné à l'intérieur de l'enceinte du consulat de Chine à Manchester et agressé. Six diplomates ont quitté le pays avant de pouvoir être interrogés. Aucune poursuite n'a jamais été engagée. Les communautés de la diaspora au Royaume-Uni en ont tiré la conclusion qui s'imposait et agissent en conséquence depuis lors : ce pays exprimera sa préoccupation, puis passera à autre chose.

 

La veillée du 3 juillet avait été organisée pour rendre hommage à Lobga Rangzen, un Tibétain décédé la veille devant le siège des Nations unies à New York. Elle réunissait des Tibétains, des Ouïghours et des Hongkongais. C'est ce public qui observe aujourd'hui la réponse de votre gouvernement : des personnes venues au Royaume-Uni pour y trouver protection et qui se sont retrouvées confrontées, dans une rue de Londres, au personnel de l'État qu'elles avaient quitté.

 

Nous vous demandons donc de :

 

1/ Donner instruction au ministère des Affaires étrangères (*Foreign, Commonwealth and Development Office*) de demander à l'ambassade de Chine une levée de l'immunité pour tout membre du personnel accrédité impliqué, afin que l'enquête de la police métropolitaine puisse se poursuivre sans entrave. 


2/   Veiller à ce qu'une déclaration soit faite devant la Chambre exposant l'analyse du gouvernement sur la manière dont des armes interdites par la législation britannique se sont retrouvées au sein d'une mission diplomatique à Londres ; ...quelles garanties ont été demandées quant à la remise de tels objets aux autorités britanniques ou à la vérification indépendante de leur retrait ; et si les mesures de protection régissant les envois diplomatiques demeurent adéquates. 


3/  Déclarer nul et non avenu au Royaume-Uni l'article 63 de la nouvelle loi chinoise sur la « promotion de l'unité et du progrès ethniques ». Cet article revendique une compétence juridictionnelle sur des personnes se trouvant hors de Chine accusées de « porter atteinte à l'unité ethnique » — un terme défini par Pékin seul et qui englobe les actions militantes pacifiques menées par des Tibétains, des Hongkongais, des Taïwanais, des Ouïghours et d'autres groupes présents en Grande-Bretagne, exposés à la répression transnationale orchestrée par le PCC. Le Premier ministre doit affirmer clairement que cette disposition est sans effet en droit britannique et que tout acte fondé sur celle-ci sur le territoire national constitue une infraction pénale, et non un simple point de friction diplomatique. 


4/   Prendre et annoncer la décision de classer la Chine dans la catégorie « renforcée » du dispositif d'enregistrement des influences étrangères (*Foreign Influence Registration Scheme*). Cette mesure a été réclamée tant par la Commission du renseignement et de la sécurité que par la Commission mixte des droits de l'homme. La décision se fait attendre depuis si longtemps que ce délai est devenu un signal en soi, interprété comme tel par les communautés les plus touchées. Votre gouvernement pourrait y mettre un terme dès ce mois-ci. 


5/   S'engager à ne prendre aucune décision concernant le projet d'ambassade à Royal Mint Court tant que le gouvernement ne se sera pas assuré — et n'aura pas convaincu le Parlement — que les conditions assorties à toute autorisation pourront être effectivement appliquées au sein de locaux jouissant de l'inviolabilité diplomatique. Les événements du 3 juillet sont directement liés à cette question.

 

Nous ne demandons rien qui porte atteinte à l'indépendance opérationnelle de la police métropolitaine (*Metropolitan Police*), et rien ici ne préjuge de l'issue de son enquête. Les questions que nous soulevons sont celles auxquelles seul le gouvernement peut répondre.

 

Vous avez exprimé le souhait que cette situation marque une rupture. En voici une, réalisable immédiatement et sans coût pour les finances publiques : un gouvernement britannique qui traite l'intimidation de ses propres citoyens par une mission étrangère comme une question de sécurité nationale, plutôt que comme un simple point de friction dans les relations bilatérales.

 

Nous serions heureux de recevoir votre réponse ainsi que de vous rencontrer, vous ou vos collaborateurs.

 

Je vous prie d'agréer, Madame/Monsieur, l'expression de mes salutations distinguées.

 

Tenzin Rabga Tashi, Responsable de campagnes, Free Tibet
Pema Yoko, Tibet Action Institute
Hsuan-Yi Li, Taiwan Democracy
Rahima Mahmut, Stop Uyghur Genocide
Khadro Tsokyi, Students for a Free Tibet
Phuntsok Norbu, Président, Communauté tibétaine de Grande-Bretagne
Committee for Freedom in Hong Kong
Benedict Rogers, Fortify Rights
Tashi Samuels, Coordinateur national, Voluntary Tibet Advocacy Group UK
Tenzin Yangzom et Lobsang Yangtso, Codirectrices par intérim, Secrétariat de l'International Tibet Network
Shao Jiang, June Fourth Sparks
Daniel Tsz Kin Kwok, Dandelion Solidarity
Uncle Leo — Ancien assistant de Ted Hui, membre du Conseil législatif de Hong Kong
Freman Wu – Britons in Hong Kong
Bond Yellow – Together in Exeter (TIE)

Hong Choi – Hong Kong Aid
Democracy for Hong Kong (D4HK), Sean Chan, porte-parole
Clara Cheung – Assembly of Citizens Representatives, Hong Kong (ACRHK)

 

https://freetibet.org/latest/open-letter-prohibited-weapons-at-the-chinese-embassy/

 

15 août 2026

Tatoués pour le Tibet : les Tibétains font de leur peau une toile de résistance.

(Phayul photo/Sonam Tobgyal)

Tenzin Nyidon

DHARAMSALA, 13 août :

 

Le Congrès de la jeunesse tibétaine (TYC), la plus grande organisation indépendantiste en exil, a marqué ce 13 août le 42e jour suivant le décès de Lobga Rangzen, militant pour l'indépendance du Tibet, en lançant une campagne de tatouage gratuit à Dharamsala. Cette initiative a été organisée en collaboration avec deux tatoueurs indépendants : Sonam, également connu sous le nom de « Mo Ink », et Tenzin Kalsang.

 

Les Tibétains ont commencé à affluer pour participer à l'opération, choisissant d'inscrire la cause tibétaine à même leur peau. Beaucoup ont opté pour l'inscription བོད་རང་བཙན (« Indépendance du Tibet »), tandis que d'autres ont choisi le mot རེ་བ (« Espoir ») ; chaque inscription reflétant une expression différente de leurs aspirations et de leur sentiment d'appartenance.

 

Tashi Targyal, vice-président du Congrès de la jeunesse tibétaine (TYC), a expliqué que l'objectif de la campagne était de rendre ces messages durables : « Une fois ces mots tatoués de façon permanente sur nos corps, nous les porterons avec nous jusqu'à notre mort. » Il a décrit ces tatouages ​​comme « une inscription indélébile liée à la cause tibétaine ».

 

Parmi les participants figuraient Rangzen Dhondup, président de la section régionale du Congrès de la jeunesse tibétaine à Dharamsala, et le Dr Sonam Tobgyal, chercheur au sein de l'organisation Tibet Watch ; tous deux ont choisi de se faire tatouer les mots བོད་རང་བཙན (« Indépendance du Tibet ») sur la main. S'adressant au média Phayul, ils ont expliqué leur choix de placer ces mots sur la main ainsi que la signification de cette inscription pour eux.

 

Rangzen Dhondup a déclaré à Phayul que le Tibet est un pays toujours privé d'indépendance et que son peuple vit dans des conditions difficiles ; cette réalité ne doit pas être rappelée uniquement lors d'occasions particulières, mais constitue un engagement à porter au quotidien. « C'est pourquoi il est si important de maintenir vivante l'aspiration à l'indépendance dans le cœur des Tibétains, à travers les générations. »

 

(Phayul photo/Sonam Tobgyal)

Pour lui, cette aspiration n'est pas une simple idée, mais un engagement de toute une vie. Il a affirmé que la lutte devait se poursuivre jusqu'à ce que l'objectif soit atteint ; un engagement qu'il a choisi de rendre visible en se faisant tatouer de manière indélébile sur la main les mots « Indépendance du Tibet » (en tibétain : བོད་རང་བཙན). « J'ai pris cet engagement envers moi-même. Je continuerai à œuvrer pour l'indépendance du Tibet tant que je vivrai. Jusqu'à ce que le Tibet obtienne son indépendance, je porterai cet engagement en moi. C'est une promesse que je me suis faite et je ne l'abandonnerai pas. »

 

Le Dr Sonam Tobgyal a souligné qu'il fallait envisager la question de l'indépendance du Tibet non pas simplement comme une revendication politique, mais comme une aspiration ancrée dans des valeurs censées définir une société : la liberté, la justice et l'égalité. Ces principes, a-t-il ajouté, sont indissociables de l'idée d'indépendance.

 

« La liberté et la justice sont profondément ancrées dans notre identité collective en tant que peuple. Lorsque nous parlons d'indépendance, nous devons aussi parler de notre culture, car c'est elle qui en constitue le fondement philosophique. » Ce fondement, a-t-il précisé, n'est ni figé ni prédéterminé ; il se construit à mesure que les sociétés évoluent au gré de leurs expériences politiques et historiques. Au fil de l'histoire, on voit des sociétés progresser en instaurant la liberté là où elle était absente et la justice là où elle faisait défaut.

 

« Si l'on observe différents pays et leur histoire, on constate que les sociétés ont progressé en apportant la liberté là où elle n'existait pas et en instaurant la justice là où elle manquait. » C'est pourquoi, a-t-il affirmé, il estime que les Tibétains doivent eux aussi s'engager dans cette voie. À ses yeux, l'indépendance consiste avant tout à bâtir une société où chacun peut vivre dans la dignité, la liberté et l'égalité.

 

«Nous devons avancer dans cette même direction. Car, pour le dire simplement, personne ne peut véritablement vivre dans une société dépourvue de liberté, de justice ou d'égalité. Telle est la réalité»

 

Pour les participants à la campagne, ces tatouages ​​revêtaient une signification dépassant la simple conviction personnelle. Chaque inscription devenait un acte délibéré, un geste modeste mais affirmé de mémoire et de résistance — une façon de perpétuer une aspiration politique qui, selon eux, a été étouffée dans leur patrie. Cette encre apposée sur leurs mains symbolisait, à leurs yeux, un refus silencieux de laisser disparaître cette aspiration. En ce sens, la campagne a transformé le corps en une toile de résistance et en un lieu d'actes de défiance silencieux face à ce que les participants décrivaient comme l'occupation coloniale persistante de leur terre natale.

 

 

 

14 août 2026

« Comme un chasseur s’apprêtant à tuer un animal » : nouvelle vague de démolitions à Larung Gar.

Image montrant des démolitions récentes à Larung Gar, reçue par Tibet Watch.

« Tandis que les engins de chantier et les hommes démolissent les demeures des religieuses, un nuage de poussière occulte le soleil… Nous détruire, n’est-ce pas vous détruire vous-mêmes ? »

 

– Poème écrit à Larung Gar par Woesel Nyima, exprimant le ressenti des pratiquants religieux face aux démolitions et aux expulsions.

Les autorités chinoises ont lancé une nouvelle vague de démolitions à Larung Gar, l'un des plus grands instituts bouddhistes au monde, situé dans l'est du Tibet. Cette mesure fait suite à une campagne sévère d'éducation politique menée au sein du monastère, liée à l'imposition de la loi chinoise sur « l'unité ethnique ». Un haut dignitaire religieux de l'institut avait prévenu les moines et les nonnes que les autorités agissaient comme « un chasseur s'apprêtant à abattre une bête : restant silencieux et discrets avant de décocher soudainement une unique flèche ».

 

Les démolitions ont débuté le 13 juillet — soit 12 jours après l'entrée en vigueur de la loi sur « l'unité ethnique » — dans cet institut situé dans le district de Serthar (en chinois : Seda), au sein de la préfecture autonome tibétaine de Kardze (Ganzi), dans la région tibétaine orientale du Kham. Selon des sources tibétaines, environ 1 060 logements de moines et de nonnes sont voués à la démolition ; cet institut jouit d'une immense popularité, tant auprès des Tibétains que des Chinois, en tant que centre apolitique dédié à l'éducation monastique, aux études académiques et à l'éthique bouddhiste. Un blogueur chinois a qualifié Larung Gar de l'un des « lieux les plus importants à visiter au cours d'une vie ».

 

Trois mois plus tôt, les fondements idéologiques des démolitions de juillet avaient été posés lors d'une campagne intensive d'éducation politique à l'académie, au cours de laquelle les moines avaient été formés à la « préservation de la sécurité nationale » et au respect de la nouvelle loi sur « l'unité ethnique ». Dans le cadre de cette campagne, des responsables s'étaient rendus en avril dans les logements des moines pour mener des actions de sensibilisation auprès de plus de 400 d'entre eux, distribuant des centaines de manuels sur la sécurité nationale, des affiches thématiques et d'autres supports de propagande visant à promouvoir la conscience de la sécurité de l'État ainsi que les politiques officielles.

 

La loi sur « l'unité ethnique » officialise la sécurisation d'un groupe ethnique tout entier, traitant la vie religieuse tibétaine comme une menace à gérer et l'identité tibétaine comme un élément devant être effacé par l'assimilation. Elle est entrée en vigueur le 1er juillet, dans un contexte de surveillance accrue et de répression visant les institutions bouddhistes tibétaines et leurs dirigeants. Des monastères ont fait l'objet de raids et des images du dalaï-lama ont été confisquées ; des moines de haut rang ont disparu ou sont décédés après avoir subi des actes de torture.

 

Depuis sa fondation dans les années 1980, Larung Gar a attiré des milliers de pratiquants bouddhistes. Toutefois, une campagne d'expulsions et de démolitions menée depuis 2001 menace le site.

Larung Gar et Yachen Gar — l'autre important campement monastique du Tibet oriental — ont attiré, depuis leur création dans les années 1980, des milliers de pratiquants chinois venus étudier l'éthique bouddhiste et recevoir des enseignements spirituels, tissant ainsi des liens entre les communautés tibétaine et chinoise. Les bouddhistes chinois ont figuré parmi les premiers à être expulsés de Larung Gar lors de la première vague d'expulsions en 2001. Aujourd'hui, même les touristes chinois sont confrontés à des restrictions croissantes ; le 30 juin, un visiteur chinois a signalé que l'accès à la zone principale de l'institut leur était désormais interdit, déclarant dans une vidéo : « Les derniers changements à Serthar en 2026 [...] peuvent se résumer par le mot "restrictions" : restrictions de toutes sortes, qu'il s'agisse de zones, d'horaires ou même des horaires des navettes. »

 

Des sources tibétaines ont indiqué à Tibet Watch que les moines et les nonnes touchés par les démolitions sont contraints de retourner dans leur ville d'origine ou dans des monastères situés dans d'autres provinces et régions. Cette mesure ne vise pas seulement à réduire la population de Larung Gar, mais aussi à rompre les liens maître-élève qui confèrent à l'institut son prestige à travers le plateau tibétain. Les moines et les nonnes expulsés de Larung Gar seront probablement contraints de suivre une éducation politique renforcée ; à la suite des précédentes vagues de démolitions et d'expulsions, des sources tibétaines avaient confirmé l'organisation de cours de « rééducation » pour les personnes évincées de Larung Gar dans toute la région.

 

Depuis l'année dernière, les autorités ont plafonné le nombre de moines autorisés à rester sur place à 1 000 et celui des nonnes à 3 500, selon des informations transmises à Tibet Watch. Toutes les personnes dépassant ces quotas ont déjà été expulsées. Ce plafond global de 4 500 personnes est inférieur à la limite de 5 000 imposée en 2016, ce qui démontre que les expulsions de la dernière décennie ne constituaient pas une étape finale, mais une base à partir de laquelle les effectifs ont continué d'être réduits. Selon des sources tibétaines en exil, avant cette dernière vague de démolitions, un haut dignitaire religieux de Larung Gar a déclaré aux moines et aux nonnes : « Certains pourraient penser que, le calme régnant actuellement, rien de grave ne va se produire. Mais ce calme apparent est en réalité une phase de préparation. Ce n’est pas qu’il ne se passe rien. La période la plus inquiétante est celle où tout semble paisible. C’est comme un chasseur s’apprêtant à abattre un animal : il reste silencieux et invisible avant de décocher soudain une unique flèche. Pour l’heure, nous devons faire preuve de patience et endurer. »

 

Larung Gar avait été promu comme site de tourisme intérieur par les autorités chinoises, qui espéraient tirer parti de l'intérêt du public pour le bouddhisme tibétain.

Tout en sapant les pratiques et l'enseignement religieux et en renforçant les mesures de sécurité intrusives, la Chine a exploité l'intérêt du public pour le bouddhisme tibétain afin d'attirer des touristes nationaux ; les autorités chinoises utilisent ainsi la construction d'infrastructures touristiques comme un moyen de contrer la résurgence des expressions religieuses et culturelles tibétaines et de freiner l'expansion de la communauté monastique. Ce même blogueur vidéo chinois a indiqué que les visiteurs sont suivis grâce à un laissez-passer électronique obtenu avec leur carte d'identité, que deux navettes desservent Larung Gar chaque jour et que la durée du séjour est limitée à une heure et demie.

 

Les démolitions à Larung Gar se sont déroulées parallèlement à d'importants travaux de construction dans la vallée en contrebas, les autorités développant des infrastructures touristiques alors que les logements monastiques étaient rasés. Ces travaux d'infrastructure touristique sont décrits dans des termes évoquant une zone de guerre, les médias officiels qualifiant le projet de « lutte politique acharnée ».

 

Larung Gar a été pris pour cible sous trois administrations successives du Parti. En 2001, des centaines d'habitations ont été rasées et des moines ainsi que des nonnes ont été expulsés. En 2016, le gouvernement a émis une directive limitant la population du site à 5 000 personnes ; plus de 4 500 étudiants monastiques ont été expulsés — certains étant conduits en autocar vers des régions reculées du Tibet — et plus de 10 000 logements ont été démolis entre 2016 et 2017. En 2017, un bureau de gestion a été mis en place au sein de l'académie, composé de six membres du Parti chargés de contrôler l'administration, le programme d'enseignement religieux et la vie quotidienne des résidents.

 

À la suite des démolitions de 2016, six experts du Conseil des droits de l'homme des Nations unies ont rendu publique une intervention conjointe adressée au gouvernement chinois, affirmant que la situation dans ces instituts bouddhistes violait le droit international relatif aux droits de l'homme et « semblait constituer des attaques concertées contre le patrimoine culturel matériel et immatériel, représentant de graves violations des droits culturels des générations actuelles et futures ».

 

 

Cette année, les démolitions s'inscrivent dans le cadre d'une nouvelle architecture juridique. La « Loi sur la promotion de l'unité et du progrès ethniques » fournit une base légale aux politiques d'assimilation qui, auparavant, étaient menées par le biais de directives et de campagnes ; le travail d'éducation politique effectué à Larung Gar en avril en constituait explicitement la préparation. Les démolitions, les quotas, les expulsions et la surveillance sont désormais présentés comme relevant du fonctionnement ordinaire du droit chinois, et non plus comme des mesures exceptionnelles.

 

Lors de la vague de démolitions de 2016, un Tibétain a exprimé l'angoisse des pratiquants religieux de Larung Gar dans un poème en prose, traduit en anglais avant d'être retiré d'Internet. Ce Tibétain, se faisant appeler Woesel Nyima, a écrit : « Tandis que les engins de chantier et les hommes démolissent les demeures des nonnes, un nuage de poussière occulte le soleil. […] Des récits de tristesse emplissent les montagnes et les vallées. […] Nous, gens humbles, ne sommes pas autorisés à demeurer en ce lieu. Nos maisons ne peuvent prendre racine sur les flancs des collines. […] Les étudiants sont arrachés de force à leurs lamas. […] Ma famille n'est-elle pas la vôtre ? Si tel est le cas, n'est-ce pas comme se trancher la tête ? Votre voie n'est-elle pas la même que la mienne ? Ne servons-nous pas le même maître ? Nous détruire, n'est-ce pas vous détruire vous-mêmes ? J'écris ceci en secret. »

 

Woesel Nyima concluait : « Nous avons étudié, réfléchi et médité côte à côte ; nous avons reçu des enseignements, débattu et composé sans crainte. Frères et sœurs du Dharma, ne les laissons pas dénouer les liens sacrés qui nous unissent. […] Ceux d'entre nous qui sont autorisés à rester tiendront bon. La vérité est de notre côté. »

13 août 2026

Projet de loi renforçant la légitimité du gouvernement tibétain. en exil, le leadership présenté au Sénat américain.

 

Tenzin Nyidon

DHARAMSHALA, 13 août :

 

Le Sénat américain a présenté mardi la loi « Assuring the Future of Tibet Act » (AFTA) de 2026. Il s'agit d'une mesure bipartisane visant à renforcer l'engagement à long terme de Washington auprès du peuple tibétain ainsi que la stature internationale de ses dirigeants démocratiquement élus.

 

Présenté par les sénateurs Jeff Merkley (Démocrate de l'Oregon) et Jim Risch (Républicain de l'Idaho), avec le soutien initial des sénateurs Tim Kaine (Démocrate de Virginie), Todd Young (Républicain de l'Indiana), Jacky Rosen (Démocrate du Nevada) et Rick Scott (Républicain de Floride), ce texte constitue le pendant sénatorial du projet de loi H.R. 8982. Ce dernier avait été déposé à la Chambre des représentants en mai par les représentants Jim McGovern (Démocrate du Massachusetts) et Michael McCaul (Républicain du Texas).

 

Le projet de loi vise à établir un cadre durable pour la politique américaine à l'égard du Tibet, en garantissant que l'engagement auprès du peuple tibétain et de ses dirigeants démocratiquement élus demeure une priorité politique constante. Il met particulièrement l'accent sur l'Administration centrale tibétaine (ACT) en tant qu'institution représentant le peuple tibétain, ainsi que sur la préservation de son rôle dans la détermination de l'avenir du Tibet.

 

L'AFTA inscrirait dans la politique américaine l'engagement direct auprès du peuple tibétain, par l'intermédiaire de ses dirigeants démocratiquement élus ainsi que de ses représentants religieux et culturels. Le texte réaffirmerait également le soutien des États-Unis à l'exercice, par le peuple tibétain, des droits humains fondamentaux et universels garantis par le droit international, y compris le droit à l'autodétermination. En outre, la législation déclare que la résolution du différend entre le Tibet et la Chine revêt un intérêt stratégique pour les États-Unis, élevant ainsi la question au-delà du seul cadre des droits humains.

 

Une disposition clé du projet de loi reconnaîtrait l'ACT comme incarnant la continuité de la gouvernance du peuple tibétain. L'AFTA souligne l'importance de garantir la pérennité de la politique relative au Tibet au-delà du mandat du chef spirituel tibétain en exil, Sa Sainteté le 14e Dalaï-lama. Le texte accorde une place accrue aux institutions démocratiques développées par les Tibétains en exil et à leurs dirigeants élus au sein de la future architecture des relations entre les États-Unis et le Tibet. Il enjoindrait également au gouvernement américain de plaider pour que l'ACT obtienne le statut d'observateur au sein du système des Nations unies ainsi que dans d'autres instances et groupements internationaux pertinents. Le projet de loi va plus loin en définissant la manière dont Washington devrait interagir avec l'Administration centrale tibétaine (ACT). Il enjoindrait le gouvernement américain à accorder aux responsables de l'ACT un engagement de haut niveau et des marques de courtoisie diplomatiques appropriées, pouvant inclure la sécurité diplomatique, les privilèges et les immunités.

 

Ce projet de loi vise donc non seulement à préserver le soutien américain au Tibet, mais aussi à lui donner une assise institutionnelle plus solide. En renforçant les relations de Washington avec l'ACT et en encourageant sa participation aux instances internationales, il pourrait accroître la visibilité diplomatique de l'administration tibétaine en exil et consolider son rôle d'institution représentative du peuple tibétain.

 

Le dépôt du texte au Sénat lui confère un soutien bipartisan dans les deux chambres du Congrès, s'appuyant sur une série de lois américaines adoptées au cours de la dernière décennie concernant le Tibet, notamment la loi sur l'accès réciproque au Tibet, la loi sur la politique et le soutien au Tibet et la loi « Resolve Tibet ».

 

https://phayul.com/bill-strengthening-legitimacy-of-tibetan-govt-in-exile-leadership-introduced-in-us-senate/

4 août 2026

Un site emblématique du bouddhisme tibétain transformé en hippodrome baptisé du nom de l'Armée rouge chinoise.

 

L'administration chinoise du comté de Drago, dans la région tibétaine du Kham, a transformé un site bouddhiste sacré en hippodrome et l'a baptisé du nom de l'Armée rouge chinoise ; c'est ce qu'a appris l'organisation Tibet Watch grâce au témoignage d'un témoin oculaire, à des images satellites et à des reportages de médias chinois.

 

Ce site sacré, qui abritait autrefois une statue de Bouddha de 99 pieds (environ 30 mètres) dans le village de Sengdeng, a été reconverti en 2023 en hippodrome nommé « Hippodrome de la division de cavalerie de l'Armée rouge du comté de Drago ». Depuis mai 2023, les autorités du comté y organisent des festivals sportifs et culturels parrainés par l'État afin de promouvoir le récit historique du Parti, une pratique connue sous le nom de « tourisme rouge ».

 

Cette transformation illustre la manière dont l’État-parti chinois efface l’espace public lié à la foi religieuse. La statue de Bouddha constituait autrefois le principal repère extérieur du bouddhisme tibétain dans le comté de Drago ; les fidèles locaux s’y rendaient pour effectuer leurs circumambulations quotidiennes. Elle avait été érigée grâce à des fonds publics et des dons, dans le but de conjurer le risque de séismes que les Tibétains de la région craignaient de voir se reproduire — à l’instar de celui de 1973, survenu au plus fort de la Révolution culturelle et ayant causé, selon *China News*, plus de deux mille morts.

Près de cinquante ans plus tard, le terrain consacré à ce que les habitants appelaient le « Bouddha du peuple » a été transformé en hippodrome, effaçant jusqu’au souvenir récent — décrit par les Tibétains locaux comme une « seconde Révolution culturelle » — de cette période tumultueuse de destructions et de persécutions lancée par Mao Zedong au siècle dernier.

 

Avant la construction de l'hippodrome, fin novembre 2021, deux moines haut placés du monastère de Drago, Palga et Nyima, ont été détenus au commissariat du comté pendant plus d'une semaine, comme l'a rapporté Tibet Watch à l'époque. Selon une source interrogée pour ce reportage, ils ont été privés d'une alimentation adéquate et torturés après avoir reçu l'ordre d'accepter la démolition de deux statues géantes de Bouddha et de convaincre les fidèles tibétains locaux de se soumettre à cette décision. On leur a également fait savoir que s'ils obtempéraient, ils pourraient conserver les rouleaux sacrés contenus dans les statues.

Pour les bouddhistes tibétains, le retrait des textes sacrés placés à l'intérieur des statues équivaut à une éviscération et à une démolition. La cérémonie de consécration, appelée *Zung-drub Rab-né* en tibétain, implique des rituels et des prières visant à invoquer le Bouddha et les bodhisattvas pour sanctifier les statues ; des textes sacrés sont déposés au niveau de la tête, de la gorge, du cœur et de l'abdomen, puis scellés avec des herbes médicinales provenant du socle en forme de lotus.

Quatre ans plus tard, un témoin oculaire vivant désormais en exil a décrit à Tibet Watch la transformation du comté de Drago : « À l'endroit où se dressait autrefois la statue de Bouddha, un hippodrome a depuis été construit. »

 

La première course hippique moderne sur ce site a eu lieu le 1er mai 2023, dans le cadre d'une manifestation baptisée « Jeux du 1er mai sur le thème de la Longue Marche ». Les médias Guoma ont diffusé des photos de spectacles culturels — notamment un concert de chansons populaires « rouges » — et d'une parade équestre obligatoire où des hommes tibétains brandissaient des drapeaux rouges chinois. Ces événements visaient, selon les rapports, à commémorer l'esprit de la Longue Marche de la cavalerie de l'Armée rouge dans la région en 1936, une époque où les forces communistes chinoises battaient en retraite avant de finalement se soulever contre le Kuomintang et d'annexer le Tibet.

 

Selon un article de Guoma Media daté du 1er mai 2023, Gelek Dorje, secrétaire du comité du Parti du comté de Drago, a déclaré que l'événement visait « […] également à promouvoir la condition physique de la population et un mode de vie sain et civilisé ; il s'agissait surtout d'une mise en pratique concrète visant à cultiver, chez les habitants de Drago, des sentiments sincères de gratitude et d'obéissance envers le Parti, ainsi que la volonté de le suivre. »

En mai 2025, l'Association de l'industrie équine de Chine a remis un certificat d'adhésion et une plaque commémorative à l'Association de courses hippiques Xianshui Shoucheng du comté de Drago (炉霍县鲜水首城赛马协会). L'édition du Sichuan du *Quotidien du Peuple* a rapporté que cet événement annuel s'inscrivait également dans le cadre des célébrations du 75e anniversaire de la création de la Préfecture autonome tibétaine de Kardze, une division administrative établie après l'invasion du Tibet.

 

Des images satellites datant de septembre 2025, consultables sur Google Earth et examinées par l'organisation Tibet Watch, révèlent la présence d'une piste de course ovale de près d'un kilomètre de long, située sur la rive de la rivière Nyichu, à l'emplacement même où se trouvait autrefois la statue de Bouddha.

Plusieurs médias chinois ont rapporté que cette piste attirait des cavaliers et des chevaux venus de presque toutes les régions du Tibet ainsi que des zones mongoles ; cela indique que Drago est en train de devenir un nouveau pôle pour les compétitions équestres aux couleurs du Parti sur le plateau tibétain. Des courses de galop et de trot y sont organisées à l'occasion des fêtes de la moisson, célébrées traditionnellement en été — entre juillet et août — dans les vastes prairies.

 

Il y a un mois, Kardze TV, la chaîne de télévision de la préfecture d'origine de Drago, a présenté les « Jeux de la Longue Marche pour la fête du Travail » de cette année comme un événement sacré. Le reportage ne fournissait aucun contexte concernant le terrain ou la statue — tous deux ayant été consacrés avant d'être rasés et retirés pour faire place à l'hippodrome. Au lieu de cela, il mettait en avant des slogans inscrits sur des bannières rouges, qualifiant cet événement d'une semaine d'initiative s'inscrivant dans le cadre de « Kardze sacré, une promesse pour la vie » et visant à « promouvoir l'esprit de la Longue Marche et le galop vers un nouveau périple à Drago », tout en cherchant à « illustrer pleinement la nouvelle ère d'intégration culturelle et de progrès commun entre les différents groupes ethniques ».

Non loin de l'hippodrome, deux bâtiments imposants sont en cours de construction à côté d'un commissariat de police, sur l'ancien site de l'école monastique de Drago. Un témoin a déclaré : « Là où se dressait autrefois l'école du monastère, des immeubles à plusieurs étages sont désormais en construction, et l'école bouddhiste [du monastère de Drago] n'a pas rouvert ses portes depuis sa démolition. »

 

Des images satellites prises en septembre 2025 et visibles sur Google Earth montrent également deux bâtiments à plusieurs étages en construction, ainsi qu'un nouveau poste de police érigé plus haut, au niveau du virage en épingle marquant l'entrée du monastère de Drago.

En octobre 2021, des Tibétains de la région ont démonté les panneaux en bois de l'école après que des policiers du comté ont contraint Palga et Nyima à les persuader de le faire sous quatre jours, selon des sources interrogées par Tibet Watch pour un précédent rapport. Ces sources ont indiqué que les autorités locales avaient annoncé aux habitants que le site serait transformé en bureau de presse. De nombreux magasins et restaurants situés à proximité ont été démolis, et 45 moulins à prières géants qui bordaient la rue devant l'école ont également été retirés.

 

Des images récentes obtenues par Tibet Watch montrent également qu'un nouveau poste de police a été construit en amont de l'école, après les démolitions de 2021, et que la statue de Bouddha située en extérieur a été transférée à l'intérieur d'une nouvelle annexe agrandie du monastère de Drago ; ce bâtiment abritait auparavant une statue géante de Maitreya, le Bouddha du futur.

Les murs jouxtant les anciens et nouveaux postes de police arborent des slogans relatifs aux politiques chinoises visant à siniser le bouddhisme tibétain : « Soutenir la sinisation du bouddhisme tibétain et forger un sentiment d'appartenance solide à la communauté de la nation chinoise ( 坚持藏传佛教中国化方向,铸牢中华民族共同体意识 ). »

 

Lorsque le comté de Drago a été placé sous un régime de sécurité renforcée à la suite des démolitions de 2021, il s'est avéré impossible d'obtenir de nouvelles informations auprès de sources locales concernant la statue et l'aménagement prévu de ses abords.

Cette surveillance accrue est monnaie courante au Tibet, a noté le témoin ; à Drago, elle se concentre sur le monastère — désormais privé de son école — situé sur la colline sacrée de Dorje Phagmo. Un nouveau poste de police en garde l'entrée, surplombant un hippodrome baptisé du nom de l'Armée rouge chinoise. Plus bas, un poste de police plus ancien, érigé après les manifestations pour la liberté de janvier 2012, surveille la construction de deux immeubles à plusieurs étages sur l'ancien site de l'école, tandis qu'un nouveau mur a remplacé les quarante-cinq moulins à prières géants qui bordaient autrefois le chemin de circumambulation.

 

Source :

https://tibetwatch.org/tibetan-buddhist-landmark-transformed-into-racecourse/

3 août 2026

La Chine cherche à restreindre les médias tibétains avant la visite de Xi en Inde.

 

Tenzin Nyidon

 

DHARAMSHALA, 3 août :

 

Alors que le président chinois Xi Jinping doit se rendre en Inde le mois prochain pour le sommet des BRICS à New Delhi, Pékin aurait exhorté le gouvernement indien à restreindre l'accès aux médias pour les organes de presse liés aux Tibétains en exil et au mouvement Falun Gong, selon un article du média *ThePrint*.

 

L'article indique que des responsables de l'ambassade de Chine ont fait part de leurs préoccupations aux autorités indiennes au moment où le ministère des Affaires étrangères traite les accréditations des médias pour le sommet. New Delhi ayant le pouvoir de décider quels journalistes bénéficient d'un accès officiel, Pékin chercherait à empêcher les médias liés aux Tibétains en exil et au Falun Gong d'accéder aux espaces réservés à la presse accréditée, craignant qu'ils ne questionnent la délégation chinoise lors du sommet des dirigeants prévu les 12 et 13 septembre.

 

Les inquiétudes de la Chine concernent plusieurs organisations médiatiques tibétaines opérant depuis Dharamshala, siège du gouvernement tibétain en exil, officiellement connu sous le nom d'Administration centrale tibétaine (CTA). Parmi elles figurent *Phayul*, le service tibétain de *Radio Free Asia*, *Tibet Times*, *Tibet Express*, *Tibet Radio* et *Voice of Tibet* (VoT) ; toutes ces organisations ont régulièrement couvert la situation des droits de l'homme au Tibet ainsi que les politiques régressives mises en œuvre par le gouvernement chinois dans la région.

 

Cette demande intervient alors que Xi Jinping doit effectuer sa première visite en Inde depuis sept ans, après son dernier déplacement à Mamallapuram en 2019 pour un sommet informel avec le Premier ministre Narendra Modi. Cette visite très attendue est largement considérée comme une étape diplomatique majeure, dans un contexte où New Delhi et Pékin s'efforcent de stabiliser leurs relations bilatérales après des années de tensions frontalières.

 

Toutefois, l'article précise que rien n'indique que l'Inde ait accédé à la demande de la Chine. Pékin a simplement soulevé la question auprès des responsables indiens, tandis que la décision finale concernant l'accréditation des médias relève exclusivement du gouvernement indien.

 

Cette démarche survient également à un moment où les Tibétains du monde entier ont intensifié leurs campagnes de sensibilisation pour attirer l'attention de la communauté internationale sur la détérioration de la situation au Tibet. Les mobilisations des Tibétains et de leurs soutiens devant les ambassades et consulats chinois — incluant des grèves de la faim prolongées, des veillées aux bougies et des appels lancés aux Nations unies ainsi qu'à la communauté internationale dans son ensemble — ont pris de l'ampleur à la suite du décès de Lobga Rangzen, militant pour l'indépendance du Tibet, qui s'est immolé par le feu devant le siège des Nations unies à New York le 2 juillet.

 

Le prochain sommet des BRICS devrait constituer le plus grand rassemblement international organisé par l'Inde depuis le sommet des dirigeants du G20 en septembre 2023. Les BRICS comptent désormais 11 membres à part entière — le Brésil, la Russie, l'Inde, la Chine, l'Afrique du Sud, l'Égypte, l'Éthiopie, l'Iran, les Émirats arabes unis, l'Indonésie et l'Arabie saoudite — ainsi que 10 pays partenaires, ce qui en fait l'une des enceintes multilatérales les plus influentes au monde.

 

Source :

https://phayul.com/china-seeks-curbs-on-tibetan-media-ahead-of-xis-india-visit/

 

3 août 2026

Le chef d'un district tibétain limogé pour avoir bravé des ordres de répression religieuse.

 

Tenzin Nyidon

 

DHARAMSHALA, 3 août :

 

Druk Bum Gyal, chef du comté de Drakkar dans la préfecture autonome tibétaine de Tsolho (Hainan), dans l'est du Tibet, aurait été démis de ses fonctions pour avoir refusé de mettre en œuvre immédiatement une vaste campagne de Pékin ciblant les pratiques religieuses tibétaines, selon un rapport du média tibétain *Tibet Times*, basé à Dharamshala.

 

Les autorités chinoises ont récemment ordonné l'application de mesures strictes dans cinq comtés de la préfecture autonome tibétaine de Tsolho (Hainan) — Serchen, Trika, Drakkar, Mangra et Ba — exigeant des autorités locales qu'elles interdisent au public de pratiquer le *Nyungne*, une retraite traditionnelle de jeûne bouddhiste, tout en renforçant les restrictions sur les activités religieuses. Les directives prévoyaient également le retrait des drapeaux et bannières de prière, ainsi que l'obligation d'afficher le drapeau national chinois à l'entrée de chaque foyer.

 

Cependant, Druk Bum Gyal, qui occupait simultanément les postes de secrétaire du Parti communiste et de chef du comté de Drakkar, se serait abstenu de mettre ces directives en œuvre immédiatement. Selon le rapport, il a fait valoir qu'une application brutale de ces politiques risquait de provoquer une réaction imprévisible de la population, estimant que les mesures devaient plutôt être introduites progressivement.

 

Sa réticence à mener à bien cette campagne aurait incité les autorités supérieures à le démettre de ses fonctions de direction. Il a par la suite été transféré à un poste de rang inférieur.

 

Malgré sa rétrogradation, une source a indiqué au *Tibet Times* que de nombreux Tibétains à la base avaient salué sa décision, le félicitant d'avoir résisté à la mise en œuvre immédiate de mesures perçues comme hostiles aux traditions religieuses tibétaines.

 

La source a en outre affirmé que le renforcement des restrictions avait débuté après la nomination, en avril dernier, de Xiong Yuanlai — un responsable chinois d'ethnie Han — au poste de secrétaire du Parti communiste de la préfecture autonome tibétaine de Tsolho. Depuis lors, les autorités auraient étendu à l'ensemble des comtés et des bourgs une vaste campagne incluant la démolition de pierres « mani » (pierres sacrées gravées de mantras tibétains), l'incinération de bannières et de drapeaux de prière, l'obligation pour les foyers d'arborer le drapeau national chinois et le renvoi d'employés publics tibétains au motif qu'il y avait « trop » de Tibétains occupant des postes officiels.

Cette campagne a imposé une pression physique et psychologique considérable aux Tibétains de toute la préfecture. Ces événements, a ajouté la source, reflètent un climat politique plus large qui a évolué sous la présidence de Xi Jinping depuis environ 2012. Dans le cadre de la campagne anticorruption du Parti communiste dite des « tigres et des mouches », des responsables dont la conduite ou les opinions sont jugées incompatibles avec l'idéologie du Parti communiste chinois auraient fait l'objet d'enquêtes, de détentions et de poursuites pénales. Les autorités les ont également accusés d'infractions telles que la violation de la « décision en huit points » du gouvernement central, le manque de loyauté envers l'État, la trahison de la confiance du Parti, l'abandon de leurs idéaux, l'acceptation de pots-de-vin, la corruption, l'atteinte à la stabilité sociale et la tentative de promouvoir le séparatisme. Des accusations similaires, a précisé la source, ont également été portées contre des intellectuels, des militants écologistes et des défenseurs des droits humains jugés peu favorables à l'idéologie du Parti communiste.

 

Druk Bum Gyal est né en 1973 à Tharshul, dans le district de Mangra. Après avoir obtenu son diplôme de l'université du Qinghai en 1993, il est entré dans la fonction publique, occupant des postes au sein de l'Assemblée populaire et de l'administration du district de Mangra, avant de diriger le canton de Gomang. En 2009, il a été nommé chef adjoint du district de Ba, puis secrétaire adjoint du Parti communiste et chef adjoint du district de Drakkar. Il a par la suite été promu secrétaire du Parti communiste et chef de ce même district, fonctions qu'il a exercées jusqu'à son éviction signalée.

 

 

Source :

https://phayul.com/tibetan-county-chief-removed-after-defying-religious-crackdown-orders/

2 août 2026

Des centaines de personnes se rassemblent à New York pour honorer Lobga Rangzen et réitérer les appels à l'indépendance du Tibet.

 

Tenzin Nyidon

 

DHARAMSHALA, 2 août :

 

Pour marquer le premier mois suivant le décès de Lobga Rangzen — militant pour l'indépendance du Tibet qui s'est immolé par le feu devant le siège des Nations unies à New York le 2 juillet —, des centaines de Tibétains et de sympathisants se sont rassemblés samedi à New York pour une veillée aux bougies. Ils ont réitéré leurs appels en faveur de l'indépendance du Tibet et dénoncé l'intensification de la politique de répression menée par la Chine au Tibet.

 

Organisée par le Congrès national tibétain (TNC), cette journée de commémoration a réuni d'éminents soutiens de la cause tibétaine, notamment l'acteur Richard Gere — militant de longue date pour le Tibet —, le leader pro-démocratie hongkongais Alex Chow, ainsi que des élus et des représentants des communautés ouïghoure, mongole du Sud et taïwanaise. Tous ont manifesté leur solidarité face à ce que les participants ont qualifié de campagne croissante du gouvernement chinois visant à effacer l'identité tibétaine.

 

La manifestation a également visé la « Loi sur l'unité ethnique et le progrès » récemment adoptée par la Chine ; selon les organisateurs, ce texte institutionnalise davantage les politiques d'assimilation ciblant les Tibétains et d'autres communautés non-Han.

 

Les événements commémoratifs ont débuté par des prosternations traditionnelles intégrales effectuées par des participants tibétains, depuis le pont de Brooklyn jusqu'à Times Square. Des jeunes du mouvement *Students for a Free Tibet* (SFT) ont organisé une performance marquante de type « die-in », symbolisant les 171 Tibétains qui se sont immolés par le feu depuis 2009 pour protester contre la domination chinoise et soutenir l'idée d'un Tibet libre et indépendant.

 

À la tombée de la nuit, des centaines de personnes ont pris part à une veillée silencieuse aux bougies avant de défiler de Times Square jusqu'au siège des Nations unies. Les participants portaient des foulards blancs sur la bouche, un symbole visuel poignant représentant à la fois le musellement des voix tibétaines au Tibet et le silence persistant de la communauté internationale face aux politiques de Pékin.

 

Le militant Jigme Ugen et l'acteur hollywoodien Richard Gere, défenseur de longue date de la cause tibétaine, s'adressent à l'assemblée lors de la veillée aux bougies à New York (Photo/Facebook).

 

S'adressant à l'assemblée, le militant Jigme Ugen, membre du TNC, a prononcé un discours percutant affirmant que des décennies de complaisance internationale n'avaient pas réussi à freiner l'emprise croissante de la Chine sur le Tibet. « Depuis plus de 70 ans, on demande aux Tibétains d'accepter l'inacceptable », a-t-il déclaré. « On nous a dit que l'occupation chinoise était permanente, que l'indépendance du Tibet était irréaliste et que nous devions revoir nos attentes à la baisse, modérer notre langage et adapter nos revendications politiques à ce qui convient aux gouvernements du monde entier. »

Il a souligné que, tandis que le monde exhortait les Tibétains à la patience, la Chine a mis ce temps à profit pour démanteler les fondements de la société tibétaine par une répression massive, l'assimilation culturelle, des restrictions imposées aux monastères et l'expansion de pensionnats coloniaux séparant les enfants tibétains de leur langue, de leur culture et de leur famille.

Décrivant Lobga Rangzen comme un militant qui a consacré sa vie à la cause de l'indépendance tibétaine, il a rappelé que le défunt militant considérait la perte de la souveraineté du Tibet comme la cause profonde des souffrances du peuple tibétain. « Sans liberté politique, tous les autres droits sont fragiles et peuvent être confisqués », a-t-il affirmé. « Pawo Lobga Rangzen a sacrifié sa vie pour mettre fin à cette occupation et rétablir l'indépendance du Tibet. »

Richard Gere, soutien de longue date de la cause tibétaine, a également rendu hommage à Lobga Rangzen, le décrivant comme un homme dont la conviction inébranlable devait inspirer l'action plutôt que le désespoir. « Nous sommes réunis ce soir pour honorer un Tibétain exceptionnel : Lobga Rangzen », a déclaré Gere. « Aussi controversée que puisse être l'immolation par le feu au regard de la théologie bouddhiste, personne ne peut remettre en question la sincérité ou l'engagement total de cet homme extraordinaire envers ses convictions. »

Gere a encouragé les sympathisants à transformer leur chagrin en un engagement concret, soulignant que si peu de gens sont appelés à faire un tel sacrifice ultime, chacun a la responsabilité de faire entendre sa voix. « Nous ne sommes pas tenus de nous immoler », a-t-il dit. « Mais nous pouvons appeler nos élus. Nous pouvons parler à nos voisins. Nous pouvons nous exprimer, avec générosité et détermination. Nous devons agir. »

Évoquant le message que le martyr Lobga Rangzen a porté tout au long de sa vie, Gere a conclu en exhortant l'assistance à le perpétuer : « Nga Bhoepa Yin » — « Je suis Tibétain ». La commémoration organisée à New York s'inscrivait dans une série d'événements organisés au sein des communautés tibétaines du monde entier pour marquer le premier mois suivant le décès de Lobga Rangzen. Des veillées aux bougies, des prières et des rassemblements publics ont eu lieu dans plusieurs pays afin d'honorer son sacrifice et de réaffirmer les appels à l'indépendance du Tibet.

À Dharamsala, capitale de la diaspora tibétaine, des Tibétains ont pris part à une marche aux flambeaux reliant la place principale de McLeod Ganj à Bhagsu ; ils ont ainsi rendu hommage au martyr Lobga Rangzen tout en réitérant leurs revendications en faveur de la justice et de la préservation de l'identité culturelle et religieuse du Tibet.

 

Source :

https://phayul.com/hundreds-rally-in-new-york-to-honour-lobga-rangzen-renew-calls-for-tibetan-independence/

31 juillet 2026

Plus de 60 personnes se rasent la tête à New York pour honorer le martyr Lobga Rangzen.

 

By Tenzin Nyidon

 

DHARAMSHALA, le 31 juillet :

 

Plus de 60 Tibétains vivant en exil ont participé jeudi à une manifestation symbolique de rasage de tête devant le siège des Nations Unies à New York pour honorer le défunt militant indépendantiste tibétain Lobga Rangzen et renouveler les appels à l'attention internationale sur la lutte politique non résolue du Tibet.

 

Organisée par la section de New York/New Jersey du Congrès régional de la jeunesse tibétaine (TYC), la manifestation commémorative a attiré des membres de la communauté tibétaine qui se sont rasés la tête en signe de deuil, de souvenir et de solidarité. La manifestation a rendu hommage au défunt martyr, dont la mort est devenue un puissant symbole de sacrifice pour de nombreux Tibétains militant en faveur du mouvement de lutte pour la liberté au Tibet.

 

S'adressant au rassemblement, le président régional du TYC, Jamphel Choesang, a exhorté les Tibétains à rester déterminés à réaliser les aspirations de ceux qui ont sacrifié leur vie pour le Tibet. "Nos martyrs ont donné tout ce qu'ils avaient pour le Tibet. Ils ne se sont pas sacrifiés pour eux-mêmes, ils se sont sacrifiés pour nous tous, pour les générations futures et pour le rêve d'un Tibet libre et indépendant", a-t-il déclaré. « Leur courage ne doit jamais être oublié et leurs sacrifices ne doivent jamais être vains. »

 

En souvenir de Lobga Rangzen, Choesang a décrit son sacrifice comme un appel à éveiller la conscience du monde et à rappeler que la lutte tibétaine continue. "Notre bien-aimé Pawo Lobga Rangzen a fait le sacrifice ultime pour éveiller la conscience du monde et nous rappeler que la lutte du Tibet est loin d'être terminée. Son message était clair : n'abandonnez jamais le Tibet", a-t-il déclaré.

 

 

Appelant à une plus grande participation du public, il a encouragé les Tibétains de toute la diaspora à soutenir activement le mouvement à travers des manifestations pacifiques et un engagement civique. "S'il vous plaît, défendez notre pays. Joignez-vous à nos manifestations chaque fois que vous le pouvez. Élevez la voix pour la justice. Votre présence compte", a-t-il déclaré, ajoutant que chaque individu uni envoie "un message puissant selon lequel le Tibet vit dans nos cœurs et que nous n'abandonnerons jamais notre identité, notre culture ou notre rêve de liberté".

 

Soulignant l’unité au sein de la communauté tibétaine, il a exhorté les Tibétains à travailler ensemble « comme une seule famille, une seule communauté et une seule nation », affirmant que la détermination collective et le soutien mutuel restent parmi les plus grandes forces du mouvement.

 

« La responsabilité de poursuivre ce mouvement appartient à chacun d’entre nous », a-t-il déclaré. "Que vous soyez jeune ou vieux, étudiant ou professionnel, chaque effort compte. Chaque protestation, chaque prière, chaque acte de service et chaque voix élevée pour le Tibet entretient la flamme de nos martyrs. "

 

Le militant a également appelé la communauté internationale et les Nations Unies à reconnaître le sacrifice de Lobga Rangzen et à répondre aux aspirations du peuple tibétain. "Nous appelons la communauté internationale et les Nations Unies à entendre la voix du peuple tibétain et à demander justice pour Pawo Lobga Rangzen. Son sacrifice mérite d'être rappelé, et les aspirations du peuple tibétain méritent d'être entendues", a-t-il déclaré.

 

Lobga Rangzen, militant indépendantiste tibétain, s'est immolé par le feu devant le siège des Nations Unies à New York le 2 juillet.

 

Source :

https://phayul.com/more-than-60-tibetans-shave-heads-in-new-york-to-honour-martyr-lobga-rangzen/

31 juillet 2026

La « liste noire de Pékin » visant des Tibétains en vue, devenue virale, est probablement un « faux ».

 

Par Tenzin Nyidon

 

DHARAMSHALA, 31 juillet :

 

Un document largement diffusé sur les réseaux sociaux — présenté comme une directive confidentielle du gouvernement chinois ordonnant la surveillance de personnalités tibétaines vivant à l'étranger, en vertu de la nouvelle loi chinoise dite « sur la promotion de l'unité et du progrès ethniques » — présente de nombreux indices qui remettent sérieusement en cause son authenticité.

 

Ce document, présenté en ligne comme une « liste noire » ou une « liste de cibles » secrète de Pékin, affirme que les autorités chinoises ont donné pour instruction aux responsables de surveiller des figures tibétaines de premier plan à l'étranger. Selon le document, les personnes visées incluraient notamment Penpa Tsering, président de l'Administration centrale tibétaine (ACT) ; Tenzin Taklha, collaborateur de longue date de Sa Sainteté le 14e Dalaï-lama ; le 11e Kirti Rinpoché (Lobsang Tenzin Jigme Yeshe Gyamtso) du monastère de Kirti ; Pema Tso, ministre de la Santé de l'ACT ; ainsi que le Dr Gyal Lo, sociologue de l'éducation tibétain, largement connu pour avoir dénoncé le système d'internats géré par l'État chinois au Tibet.

 

Cependant, bien qu'il cite plusieurs personnalités tibétaines importantes, le document est dépourvu de pratiquement toutes les caractéristiques propres à une directive authentique du gouvernement chinois.

 

Parmi les irrégularités les plus flagrantes figurent l'absence d'indication de l'organisme émetteur, de numéro de référence officiel, de date d'émission, de sceau officiel, d'autorité approbatrice et de signature autorisée. Il ne mentionne pas non plus de destinataire désigné, d'instructions de mise en œuvre ou de chaîne de commandement administrative identifiable — autant d'éléments qui sont la norme dans les communications officielles du gouvernement chinois.

 

Tout aussi significative est l'absence de source originale vérifiable. Aucun fichier PDF officiel, aucune archive ni aucune version authentifiée de manière indépendante n'a fait surface, rendant impossible l'établissement de sa provenance.

 

Les versions multilingues du document présentent également des incohérences notables qui nuisent à sa crédibilité. Dans le texte chinois, l'expression utilisée est « éléments séparatistes tibétains à l'étranger », alors que la traduction anglaise qui l'accompagne la rend par « terroristes tibétains anti-Chine ». Le terme « terroristes » n'apparaît pas dans la formulation chinoise originale ; il s'agit donc d'une divergence de sens substantielle plutôt que d'une simple traduction.

 

Le document utilise également une transcription chinoise erronée du nom du président de l'ACT, Penpa Tsering, différente de la forme standardisée systématiquement employée dans les publications officielles du gouvernement chinois. Une telle erreur serait très inhabituelle dans un document officiel authentique émanant de l'État et faisant référence à une personnalité publique de premier plan. Prises dans leur ensemble, ces incohérences linguistiques soulèvent de nouvelles questions quant à savoir si le document provient bien d'une source officielle du gouvernement chinois.

 

La diffusion de documents d'apparence officielle visant à amplifier des récits politiquement sensibles n'est pas inédite. En 2026, le gouvernement tibétain en exil — officiellement désigné sous le nom d'Administration centrale tibétaine (ACT) — a mis le public en garde contre un faux document portant l'en-tête officiel du Bureau de Sa Sainteté le Dalaï-lama. Ce document contrefait avait été diffusé sur Facebook afin de propager de fausses informations tout en imitant l'apparence d'une communication gouvernementale authentique.

 

 

Source :

https://phayul.com/viral-beijing-hit-list-targeting-prominent-tibetans-likely-fake/

31 juillet 2026

Un défenseur chinois des droits détenu dans un monastère à Lhassa.

 

Un militant chinois de longue date pour les droits humains, originaire de Wuhan, a été arrêté au monastère de Sera, à Lhassa, après avoir montré à un moine une photo du dalaï-lama, le jour même de l'entrée en vigueur de la loi draconienne de la Chine sur « l'unité ethnique ». Zhang Yi, ancien prisonnier politique qui avait joué un rôle actif en révélant la réalité de la pandémie de COVID-19 en 2020, a été appréhendé par les forces de sécurité au monastère le 1er juillet, selon le site sinophone *Rights Defense Network* (Weiquanwang). Sa famille a depuis reçu la confirmation qu'il a été placé en détention, soupçonné d'« incitation au séparatisme ».

 

Zhang Yi, ancien leader étudiant de la place Tiananmen qui a par la suite été emprisonné et torturé, est actuellement détenu au centre de détention de Lhassa, selon la même source. Il visitait le monastère de Sera avec son frère cadet et souhaitait emprunter un tapis de prière. En raison de la barrière de la langue, il a montré à un Tibétain une photo du dalaï-lama sur son téléphone portable ; les deux frères ont alors été emmenés par la police à 17 h 30, bien que son frère ait été relâché par la suite.

 

En tant que leader étudiant en 1989, Zhang Yi a été torturé au cours d'une peine de prison de deux ans, ce qui a entraîné une perte auditive permanente d'une oreille. Il a fait l'objet d'une détention administrative en 2018 pour avoir diffusé des photos en hommage à Liu Xiaobo et, durant la pandémie de COVID-19, a publiquement dénoncé les conditions à Wuhan tout en militant pour la libération du journaliste citoyen Fang Bin. Un ami chinois de Zhang Yi a déclaré, sous couvert d'anonymat, qu'au Tibet, le jour de l'entrée en vigueur de la loi sur l'unité ethnique, il s'était « jeté dans la gueule du loup ».

 

L'arrestation de Zhang Yi coïncide avec l'entrée en vigueur, le 1er juillet, de la « Loi sur la promotion de l'unité et du progrès ethniques » du gouvernement chinois. L'article 62 de cette loi classe les « activités séparatistes ethniques » et « l'incitation » à de telles activités parmi les comportements passibles de poursuites pénales ; cela démontre comment la nouvelle législation vise à intégrer dans le code pénal le concept délibérément flou d'« unité ethnique », permettant ainsi de l'appliquer à presque toute manifestation de l'identité tibétaine. Ce même article assimile les expressions ordinaires de la culture et des pratiques spirituelles tibétaines au terrorisme et à l'extrémisme religieux. Au Tibet, critiquer la politique gouvernementale, défendre les droits linguistiques ou exprimer une identité historique et religieuse spécifiquement tibétaine est considéré depuis des années comme une menace pour «l’unité ethnique».

Toutefois, la loi de 2026 marque un tournant décisif : elle inscrit dans le droit positif l’agenda politique d’assimilation forcée prôné par Xi Jinping. Des mesures autrefois mises en œuvre via des directives administratives, des campagnes du Parti et des pressions informelles acquièrent désormais force de loi nationale, s’accompagnant de mécanismes d’application, de sanctions pénales et d’une portée extraterritoriale.


Une photographie, un t-shirt, une offrande : ce que la Chine qualifie désormais de « séparatisme »
Bien que les Tibétains ne représentent que 0,5 % de la population chinoise, ils constituent plus de 8 % des personnes recensées dans la base de données de l’organisation *China Human Rights Defenders* (Défenseurs des droits de l’homme en Chine) concernant les prisonniers d’opinion, et 65 % de toutes les condamnations connues pour des accusations de « séparatisme » ou d’« incitation au séparatisme ».
La simple possession d’une image du dalaï-lama ou un lien perçu avec des Tibétains en exil — à Dharamsala ou ailleurs — peut valoir à un Tibétain d’être qualifié de « séparatiste » et de subir torture et emprisonnement. Le seuil est bas. Même le fait d’envoyer des messages contenant des informations ou des reçus d’offrandes religieuses — faites au nom de personnes malades ou décédées à l’intention d’institutions bouddhistes tibétaines en exil, et notamment de la fondation Gaden Phodrang du dalaï-lama — expose à un risque de détention et d’emprisonnement au Tibet.

 

En 2020, un moine de 43 ans nommé Choekyi est décédé après avoir purgé une peine de prison pour « séparatisme » ; il avait simplement porté, en 2015, un t-shirt arborant une inscription tibétaine célébrant l’anniversaire du dalaï-lama et publié des messages de vœux sur les réseaux sociaux. Choekyi souffrait de graves problèmes de santé et de douleurs exacerbées par les travaux forcés et l’isolement carcéral durant sa peine de quatre ans. Il a été privé de soins médicaux en détention et n’a pas été autorisé à se faire soigner, même après sa libération.

Le cas de Choekyi, sévèrement condamné pour avoir célébré l’anniversaire du dalaï-lama, n’est pas un cas isolé. En décembre 2016, neuf Tibétains — dont quatre moines du monastère de Kirti et cinq laïcs — ont été condamnés à des peines allant de cinq à quatorze ans de prison pour avoir célébré l'anniversaire du dalaï-lama.

 

L'organisation Tibet Watch a documenté une intensification de la répression visant les monastères bouddhistes tibétains et les dignitaires religieux de la communauté. Des monastères ont fait l'objet de raids et des images du dalaï-lama ont été confisquées, tandis que des moines de haut rang ont disparu ou sont décédés après avoir subi des actes de torture.

 

En décembre dernier, les autorités policières chinoises ont soumis un moine bouddhiste tibétain de 25 ans, nommé Samten, à des actes de torture d'une telle gravité qu'il est décédé en détention. Sa dépouille a été restituée à son monastère, celui de Ditsa, et les moines ont reçu l'ordre de ne divulguer aucune information concernant sa mort.

 

La Chine arrête et emprisonne régulièrement des moines.

 

...la promotion, la réception ou la diffusion de documents publiés par des institutions bouddhistes tibétaines en exil — en particulier tout ce qui a trait au dalaï-lama. Début février, la police du comté de Sangchu a de nouveau placé en détention Jamyang Tashi, un moine du monastère de Labrang Tashikhyil, deux mois seulement après sa libération à l'issue d'une détention arbitraire de six mois. Il avait été initialement détenu pour des soupçons de contacts avec des Tibétains en exil.

 

L'inquiétude demeure quant à la sécurité de Chogtrul Dorje Ten, un lama réincarné et éminent moine-éducateur, détenu depuis début décembre. Chogtrul Dorje Ten dirigeait le monastère de Mintang Osel Thegchok Ling et l'école technique et professionnelle Dorje Ten (destinée aux minorités ethniques) dans le comté de Chigdril (Jigzhi), préfecture de Golog (en chinois : Guoluo), province du Qinghai. À la suite de son arrestation, l'école professionnelle indépendante et prospère qu'il avait fondée, et qui accueillait plus de 1 300 élèves, a été brutalement fermée.

 

Cette fermeture n'est pas un cas isolé. Au cours des deux dernières années, des centaines de jeunes moines novices tibétains ont été contraints de quitter les écoles affiliées aux monastères pour rejoindre des internats gérés par l'État, et d'importantes écoles tibétaines non étatiques ont été fermées.

 

La loi sur « l'unité ethnique » explicite clairement cette intention. Le mandarin est imposé comme langue fondamentale de tout l'enseignement, dès la maternelle. Les organismes d'État sont tenus d'utiliser le mandarin comme seule langue et écriture officielles ; lorsque le tibétain figure aux côtés du mandarin dans l'espace public, le mandarin doit bénéficier d'une visibilité prépondérante — une exigence institutionnellement renforcée dans les écoles, les administrations et les médias. Un autre article étend cette obligation à la sphère privée du foyer, imposant aux parents et tuteurs « d'éduquer et d'orienter les mineurs afin qu'ils aiment le Parti communiste chinois ».

 

Dans une rare déclaration conjointe, huit rapporteurs spéciaux des Nations unies ont averti la Chine, en avril, que les dispositions de cette loi contrevenaient aux propres réglementations de la RPC. Bien que l'article 1 de la loi stipule qu'elle a été élaborée sur la base de la Constitution, ils ont fait remarquer que plusieurs de ses dispositions pourraient entrer en contradiction avec celle-ci — notamment l'article 4, qui garantit à tous les groupes ethniques « la liberté d'utiliser et de développer leurs propres langues parlées et écrites ».

 

Source :

https://tibetwatch.org/chinese-rights-defender-detained-at-monastery-in-lhasa/

 

 

28 juillet 2026

Deux séismes de magnitude 5,7 et 5,8 secouent le comté de Drakkar, dans la région tibétaine de l'Amdo, provoquant des glissements de terrain.

 

By Tenzin Nyidon

 

DHARAMSHALA, 28 juillet :

 

Deux séismes de magnitudes 5,7 et 5,8 ont frappé mardi matin le comté de Drakkar, situé dans la préfecture autonome tibétaine de Tsolho (Hainan en chinois), dans la région tibétaine de l'Amdo ; ces secousses ont provoqué des glissements de terrain et ont été ressenties dans les zones avoisinantes.

 

Selon le Centre du réseau sismique de Chine (CENC), le premier séisme a eu lieu à 11 h 16 (heure locale), avec une magnitude de 5,7 et une profondeur focale de 10 kilomètres. À peine 18 minutes plus tard, une seconde secousse, légèrement plus forte (magnitude 5,8), a frappé la même zone à une profondeur similaire.

 

Des vidéos diffusées par les médias d'État chinois montraient d'épais nuages ​​de poussière s'élevant des versants montagneux, témoignant de glissements de terrain déclenchés par la violence des secousses. Ces dernières auraient été ressenties à Xining, capitale de la province dite du Qinghai, ainsi qu'à Lanzhou, capitale de la province voisine du Gansu.

 

Au moment de la rédaction de cet article, aucun décès, blessé ou effondrement de bâtiment n'avait été signalé, bien que les autorités continuent d'évaluer l'impact de l'événement dans la zone touchée.

 

Ces deux séismes surviennent dans un contexte d'inquiétude croissante parmi les géologues et les sismologues face à l'intensification de l'activité sismique dans la région himalayenne, et plus particulièrement sur le plateau tibétain. Plus tôt cette année, le 26 janvier, un séisme de magnitude 5,5 avait frappé le comté de Thewo (Tewo), dans la préfecture autonome tibétaine de Kanlho (Gannan) au Gansu, à une profondeur de 10 kilomètres, causant des dégâts dans plusieurs villages.

 

La chaîne de l'Himalaya demeure l'une des régions les plus sismiquement actives au monde en raison de la collision continue entre les plaques tectoniques indienne et eurasienne, faisant des séismes puissants un risque géologique permanent pour le Tibet et les régions environnantes.

 

Source :

https://phayul.com/twin-quakes-measuring-5-7-and-5-8-jolt-drakkar-county-in-tibets-amdo-region-triggers-landslides/

28 juillet 2026

La Chine ordonne l'expulsion des moines dans le cadre d'une nouvelle campagne de démolition à Larung Gar.

 

By Tenzin Nyidon

 

DHARAMSHALA, 28 juillet :

 

Les autorités chinoises ont ordonné aux moines et aux nonnes dont les logements ont été démolis au sein de la célèbre académie bouddhiste de Larung Gar, dans le comté de Sertar, de quitter l'institut et de retourner dans leurs monastères d'origine. Pékin poursuit ainsi sa dernière campagne de démolition dans l'un des plus grands centres d'étude du bouddhisme tibétain au monde.

 

Selon un rapport du *Tibet Times*, média tibétain basé à Dharamshala, cet ordre concerne tous les religieux dont les habitations ont déjà été rasées. Il a été demandé à ceux venant de l'extérieur de Sertar de retourner soit dans leur foyer familial, soit dans des monastères de leur région d'origine. Parallèlement, même les moines et nonnes originaires de Sertar auraient reçu l'interdiction de rester à Larung Gar et l'ordre de rejoindre leurs monastères locaux.

 

Ces dernières mesures font suite à une nouvelle vague de démolitions entamée vers le 13 juillet 2026. Les autorités chinoises justifient l'opération en affirmant que l'institut compte un nombre excessif de structures résidentielles — ce qui soulève des problèmes de sécurité — et que la population monastique a dépassé les limites acceptables. Des équipes de démolition ont déjà abattu de nombreuses habitations, et la campagne se poursuit.

 

Le plan actuel prévoit la démolition de 1 060 logements monastiques. Les personnes dont les quartiers ont été détruits ne sont plus autorisées à rester à Larung Gar et sont évacuées de force par groupes successifs.

 

Les restrictions de sécurité au sein de l'académie ont également été considérablement renforcées. Moines, nonnes et résidents locaux seraient soumis à une surveillance accrue, tandis que les pèlerins et visiteurs venus d'autres régions se voient interdire l'accès à l'institut en raison des contrôles plus stricts imposés par les autorités.

 

Une source au fait de la situation a indiqué au *Tibet Times* que les autorités chinoises avaient initialement prévu de démolir la zone entourant le temple Gyutrul, situé dans l'enceinte de l'académie. Toutefois, les représentants du monastère auraient contesté ce projet, avertissant qu'une telle démolition mettrait en péril le temple, la salle de réunion principale et le chemin de circumambulation. À la suite de ces interventions, les autorités ont modifié leur plan pour cibler plutôt les quartiers résidentiels de Joser, situés entre les zones d'habitation des moines, des nonnes et des pratiquants laïcs.

 

Larung Gar a fait l'objet de campagnes de démolition répétées au cours des deux dernières décennies. Les autorités chinoises ont procédé à des démolitions de grande envergure en 2001, 2016 et 2019, invoquant la surpopulation et l'absence de permis de construire légalement requis. Ces campagnes s'accompagnaient également de quotas stricts concernant la population monastique résidente et de l'expulsion forcée de milliers de moines et de nonnes, en particulier ceux venus d'autres régions tibétaines pour y suivre des études bouddhistes.

 

La campagne de démolition de 2019 a également suscité l'attention internationale après la révélation du suicide d'une nonne, Tsering Dolma ; celle-ci avait laissé un dernier message expliquant comment la répression constante exercée par l'État l'avait poussée au désespoir.

 

Fondé en 1980 par le défunt Khenpo Jigme Phuntsok, Larung Gar a longtemps été l'un des centres d'étude du bouddhisme tibétain les plus influents, attirant moines, nonnes et pratiquants laïcs de tout le Tibet, de Chine et de l'étranger. Des organisations de défense des droits humains et des groupes tibétains ont maintes fois critiqué ces campagnes successives de démolition et d'expulsion au sein de l'institut, affirmant qu'elles s'inscrivent dans une volonté plus large du gouvernement chinois de renforcer son contrôle sur les institutions religieuses tibétaines et de restreindre l'enseignement monastique indépendant.

 

Source :

https://phayul.com/china-orders-eviction-of-monastics-amid-new-demolition-drive-at-larung-gar/

3 juillet 2026

Le militant tibétain Lobga Rangzen meurt après s'être immolé par le feu pour l'indépendance du Tibet.

 

Lobga Rangzen était un membre très apprécié de la communauté tibétaine du quartier du Queens, à New York, et un ardent défenseur de l'indépendance du Tibet.

 

NEW YORK – Le 2 juillet 2026, à 17 h 49 (heure avancée de l'Est),

 

Lobsang Palden, âgé de 52 ans et largement connu sous le nom de Lobga Rangzen, s’est immolé par le feu devant le siège des Nations unies à New York, aux États-Unis. Il a par la suite succombé à ses blessures et son décès a été prononcé à 19 h 04 (heure avancée de l'Est) à l’hôpital Bellevue.

Au Tibet comme en exil, on sait qu’au moins 170 Tibétains se sont immolés par le feu depuis 2009 pour protester contre l’occupation brutale de la Chine. Toutefois, la mort de Lobga Rangzen marque la première immolation par le feu en signe de protestation aux États-Unis.

Dans les heures précédant son immolation, Lobga Rangzen a diffusé une vidéo en direct sur Facebook, en tibétain, pour expliquer ses motivations. Il a déclaré que son geste n’était pas dicté par des circonstances personnelles, mais par son engagement envers le Tibet, affirmant que la Chine mène une campagne de politiques génocidaires à l’encontre du peuple tibétain.

« Je ne veux pas que vous me pleuriez ; je veux que vous poursuiviez la lutte pour l’indépendance du Tibet. Car l’absence d’indépendance est la racine de nos problèmes. »


– Lobga Rangzen

 

Source :

https://freetibet.org/latest/tibetan-activist-lobga-rangzen-dies-in-self-immolation-protest-for-tibetan-independence/

28 juin 2026

L'inquiétude grandit concernant un moine bouddhiste tibétain détenu en Chine sous des accusations inconnues.

 

L'inquiétude grandit concernant un moine bouddhiste tibétain détenu par la police chinoise pour la deuxième fois depuis début février, sous des accusations inconnues, a appris Tibet Watch.

 

Selon une source, début février, la police chinoise du canton de Labrang, dans le comté de Sangchu, a de nouveau placé en détention Jamyang Tashi, un moine bouddhiste tibétain du monastère de Labrang Tashikhyil, libéré seulement deux mois auparavant après six mois de détention arbitraire. Compte tenu des risques d'emprisonnement auxquels sa famille pourrait être confrontée, Tibet Watch n'a pas contacté de sources locales pour obtenir davantage de confirmation.

 

Les motifs de la nouvelle détention de Jamyang et son état de santé restent inconnus, selon la source préoccupée par son bien-être. Tibet Watch n'a pas pu confirmer si Jamyang a été autorisé à reprendre les activités quotidiennes du monastère de Labrang depuis sa première libération.

 

Jamyang avait été initialement détenu, soupçonné d'être en contact avec des Tibétains en exil. La Chine détient et emprisonne régulièrement des moines bouddhistes tibétains surpris à promouvoir, recevoir et diffuser des documents publiés par des institutions bouddhistes tibétaines en exil – en particulier toutes les informations relatives au quatorzième dalaï-lama, âgé de 90 ans et résidant à Dharamsala, en Inde.

Même les messages contenant des informations et des reçus d'offrandes dévotionnelles faites au nom des malades et des défunts aux institutions bouddhistes tibétaines en exil, et en particulier au fonds Gaden Phodrang du dalaï-lama, sont passibles de détention et d'emprisonnement au Tibet.

 

La Chine dénonce les Tibétains exilés et apatrides comme des « séparatistes » pour leur opposition à son régime oppressif au Tibet et les qualifie également de « Chinois d'outre-mer ». Le Département du travail du Front uni, que Xi Jinping a qualifié d'« arme magique », collabore avec les services de sécurité publique et d'État chinois pour surveiller et instrumentaliser les Tibétains ayant des liens familiaux hors du Tibet afin de réprimer davantage les libertés fondamentales de part et d'autre de la relation bilatérale.

 

La Chine désigne les Tibétains exilés retournés au Tibet comme des « Chinois d'outre-mer de retour », les présentant comme un trait d'union. Lors du troisième Congrès des Chinois d'outre-mer de retour au Tibet et de leurs proches, qui s'est tenu à Lhassa fin novembre 2025, China Tibet Online a rapporté que la Fédération tibétaine des Chinois d'outre-mer de retour au Tibet avait « […] adhéré au principe de l'utilisation des Chinois d'outre-mer comme pont, maintenu des contacts étroits avec la communauté chinoise d'outre-mer, protégé les droits et intérêts de ces derniers conformément à la loi, développé ses liens avec l'étranger, participé activement aux consultations et délibérations politiques, et contribué à la construction sociale, obtenant ainsi de nouveaux résultats dans tous les aspects de son action. »

 

L'instrumentalisation des liens familiaux et autres relations étroites que la Chine qualifie de « pont » est renforcée par la surveillance numérique. Il en résulte un cercle vicieux d'autocensure, de rupture de la confiance et de rupture des liens authentiques au Tibet et au-delà, car les familles des personnes détenues ou emprisonnées sont limitées et privées d'opportunités professionnelles et d'aides sociales.

 

Cette surveillance omniprésente rend impossible de connaître avec certitude le sort de Jamyang Tashi. Les autorités chinoises ont réduit sa famille au silence par des menaces, et aucune information supplémentaire n'a filtré à ce jour concernant le bien-être et le lieu de détention de Jigme Sangpo, un moine tibétain du même monastère avec lequel il a été arrêté une première fois en mars 2025.

 

Avant la première libération de Jamyang, sa famille s'est systématiquement vu refuser toute information et toute visite malgré ses demandes. Ce refus d'information a fait craindre à la famille un procès secret, « comme cela a été le cas pour d'autres Tibétains ces dernières années », a expliqué la même source.

 

Tibet Watch a déjà signalé une pratique de détention arbitraire de moines et de répression contre les monastères dans les mois précédant le 90e anniversaire historique du dalaï-lama en exil, l'année dernière. D'autres rapports indiquent également que des moines tibétains ont été condamnés en secret après leur disparition soudaine.

 

Lors de sa première détention, Jamyang a été transféré d'un centre de détention de la région de Labrang à un hôpital du même comté, avant d'être transféré, le même jour, dans un autre centre de détention du comté de Sangchu.

 

Le mois suivant leur première arrestation, le monastère de Labrang a été menacé d'enquêtes et de sanctions sévères s'il était découvert qu'il dispensait secrètement une éducation et un logement à de jeunes moines de moins de 18 ans. Le système d'enseignement obligatoire chinois et le décret n° 22 relatif à l'administration des temples bouddhistes tibétains interdisent aux enfants d'âge scolaire et aux adolescents de s'inscrire dans des institutions monastiques, voire même d'y entrer.

 

Cette mesure s'inscrit dans le cadre de la loi sur l'unité ethnique adoptée en mars dernier, à la suite de la campagne d'assimilation la plus vaste menée par Xi Jinping pour éliminer la diversité culturelle, notamment l'identité culturelle et religieuse tibétaine. Xi Jinping a imposé un programme systématique de « sinisation » du bouddhisme tibétain, cherchant à uniformiser les Tibétains et les 55 autres nationalités officiellement reconnues comme « minorités ethniques » avec la majorité Han.

 

Il y a plus de dix ans, les moines de Labrang ont fait la une des journaux internationaux après avoir rejoint les manifestations de libération qui ont secoué le Tibet contre la domination chinoise en 2008 et s'être entretenus avec des journalistes internationaux lors d'une visite organisée par l'État. Ils ont de nouveau fait parler d'eux en 2012, lorsque des manifestants tibétains isolés se sont immolés par le feu lors d'une vague d'immolations mortelles contre le régime autoritaire, un phénomène inédit ailleurs.

 

Le monastère de Labrang Tashikhyil demeure l'un des centres les plus influents du bouddhisme tibétain. Fondé en 1709 par Ngawang Tsöndrü, le premier Jamyang Zhepa, durant une période d'expansion rapide des institutions bouddhistes Gelug, il est depuis longtemps un haut lieu religieux et culturel de la région d'Amdo, au Tibet.

 

28 juin 2026

Je suis un petit garde-frontière » : entraînement militaire pour les tout-petits tibétains dans les jardins d'enfants des zones frontalières.

 

Les médias d'État chinois ont diffusé des images d'enfants tibétains de deux ou trois ans, fréquentant des écoles maternelles, vêtus d'uniformes de camouflage. Ces images, diffusées à la frontière, montrent des enfants brandissant des drapeaux rouges et participant à des exercices de combat simulés avec des fusils factices. Les reportages présentent ces exercices d'entraînement militaire comme destinés à « semer les graines de la défense patriotique » dans les jeunes esprits.

 

Ces événements à Tsona et dans d'autres régions frontalières s'inscrivent dans un contexte plus large d'endoctrinement des enfants à l'école et d'intensification de la militarisation, conformément à la politique de « sinisation » de la Chine. Des programmes quasi identiques apparaissent dans des sources officielles du Xinjiang et d'autres régions de Chine. La proximité de la frontière indienne confère une dimension stratégique aux reportages en provenance de Tsona et d'autres zones frontalières.

 

L'un de ces exercices de « défense nationale », mené le mois dernier, s'est déroulé dans une école maternelle de Tsona (en chinois : Cuona), ville frontalière fortement militarisée située en face de la région de Tawang, dans l'Arunachal Pradesh, territoire que Pékin revendique comme le « Tibet du Sud ». Selon un reportage des médias d'État, des enfants d'âge préscolaire apprennent, dans le cadre de leur programme scolaire, la version officielle du Parti communiste chinois de la guerre sino-indienne de 1962, où l'Inde est présentée comme l'agresseur. Dans une autre école maternelle située en zone frontalière, à Gedang (Jiasi), dans le district de Medog (Motuo), à Nyingtri (Nyingchi), dans la région autonome du Tibet (RAT), des « contextes de camps militaires miniatures » ont été aménagés pour des « entraînements, des parcours d'obstacles et des exercices pratiques », d'après un message publié sur un compte officiel des réseaux sociaux le 6 juin.

 

 

Six autres écoles maternelles de la Région autonome du Tibet (RAT), situées à Lhayul, dans le comté de Chonggye (Qonggyai), district de Lhoka (Shannan), ont organisé le mois dernier une semaine d'éducation à la défense nationale intitulée « Le cœur des enfants se tourne vers la patrie : les tout-petits découvrent la défense nationale ». Ces régions comptent parmi les paysages culturels et religieux les plus riches du monde tibétain. Tsona, Chonggye et la région de Lhoka, au sud du Tibet, sont intimement liées aux origines de la civilisation tibétaine. Les vallées de Chonggye regorgent d'anciens monastères, d'ermitages et de sites sacrés. Or, cette éducation à la « défense nationale » vise à enseigner aux enfants, dès l'âge de deux ans, au moment où se forgent leur langue et leur identité, que leur première loyauté va au Parti communiste chinois, et non à leur propre culture.

 

Alors qu'un programme pilote à Nagchu, documenté par Tibet Watch, a permis d'intégrer des vétérans de l'armée comme instructeurs dans les écoles, la campagne d'éducation à la défense menée à l'échelle nationale en République populaire de Chine intègre également ce contenu directement dans les programmes scolaires grâce à des supports pédagogiques spécifiques, tels que des livres d'images, des semaines thématiques et des « expériences d'entraînement militaire » pour les classes de maternelle. Cibler les enfants en bas âge et ceux qui commencent à parler représente un point d'entrée plus précoce, animé par les mêmes priorités politiques.

 

Visite d'une classe de maternelle à la frontière sécurisée

 

Une photo publiée le mois dernier sur les réseaux sociaux officiels montre de jeunes enfants, brandissant des drapeaux rouges et tenant la main de leurs enseignants, à un endroit de la frontière. Cette visite a été l'occasion pour eux de participer à une activité pratique intitulée « Je suis un petit garde-frontière », selon une publication officielle des autorités éducatives de Shannan (Lhoka). « Les enfants ont foulé le sol de la frontière, découvrant ainsi concrètement la mission de surveillance des frontières et comprenant pleinement que cette responsabilité incombe à chacun, quel que soit son âge », précisait la publication concernant la visite des enfants de l'école maternelle de Cuona (Tsona). « Cela a permis de développer chez les enfants, dès leur plus jeune âge, un fort sens des responsabilités et de la sécurité frontalière. L’activité a mobilisé les ressources frontalières locales, favorisant ainsi la culture de la défense des frontières, l’unité ethnique et la sécurité nationale. »

 

Les zones frontalières de la Région autonome du Tibet revêtent une importance stratégique majeure pour la Chine et l’Inde. Tsona, dans le district de Lhoka, fait face à Tawang, dans l’Arunachal Pradesh (Inde), que les cartes officielles chinoises représentent depuis longtemps comme faisant partie du territoire de la République populaire de Chine, chaque mise à jour ayant suscité des protestations diplomatiques formelles de New Delhi.

 

 

L’annonce faite par Xi Jinping lors de son arrivée au pouvoir, selon laquelle le renforcement de la « sécurité » à la frontière tibétaine avec l’Inde constituait une priorité majeure, a clairement indiqué sa volonté d’exercer une domination régionale et de contrer toute opposition ou menace perçue.

 

La construction de villages frontaliers dans toute la Région autonome du Tibet (RAT), dans le cadre d’un programme liant explicitement l’installation de populations civiles à la sécurité des frontières, était un élément clé de cette stratégie. Cette construction porte les marques de la politique chinoise de « fusion civilo-militaire », conçue pour affirmer le contrôle territorial tout en évitant un conflit armé. Tsona et Dzayul (Chayu), situées respectivement face à Tawang et Walong, abritent deux des plus importants ensembles de ces villages construits ces dernières années, deux lieux qui ont été le théâtre de combats lors de la guerre de 1962. La construction de ces villages et villes s’est accompagnée du déplacement de résidents chargés d’assurer la sécurité en civil aux côtés des unités militaires et policières dans les 21 comtés frontaliers de la RAT, ainsi que d’une expansion considérable des bases aériennes et d’autres infrastructures lourdes.

 

L’intensification de la militarisation et la construction d’infrastructures sont imposées dans une région d’une grande importance culturelle et historique pour le monde bouddhiste tibétain. Le sixième dalaï-lama, Tsangyang Gyatso, est né sur le territoire de Monyul, dans l’actuelle Tawang, le seul lieu de naissance du dalaï-lama librement accessible aux pèlerins. Après avoir franchi la frontière en 1959, l’actuel dalaï-lama s’est réfugié dans le monastère bouddhiste tibétain historique de Tawang.

 

Des vétérans de l’armée enseignent la défense nationale dans les internats d’État.

 

Tibet Watch a déjà documenté un programme pilote déployant des vétérans de l’Armée populaire de libération dans des internats d’État à Nagchu (Naqu en chinois), dans la Région autonome du Tibet. Ces vétérans dispensent une formation militaire et une éducation politique à des enfants tibétains dès l’âge de quatre ans, dans une région déjà soumise à des politiques extrêmement répressives. C’était une conséquence de la loi amendée sur l’éducation à la défense nationale, axée sur l’intensification de la « sinisation » et la préparation des jeunes au service militaire, les Tibétains étant de plus en plus considérés par les autorités chinoises comme un atout pour la guerre en haute altitude dans les zones de la TAR proches de la frontière indienne.

Je suis un petit garde-frontière » : entraînement militaire pour les tout-petits tibétains dans les jardins d'enfants des zones frontalières.

Le projet pilote de Nagchu n'était pas sans précédent ; une source tibétaine a indiqué à Tibet Watch qu'en avril 2020, des militaires de l'Armée populaire de libération (APL) de la ville de Nagchu s'étaient rendus dans des écoles primaires et secondaires de la région pour dispenser des cours d'éducation politique, sensibiliser les enfants à la défense des frontières et leur lire des « contes rouges » glorifiant le Parti et l'APL. Cette initiative pourrait également être liée à la volonté des autorités locales de fournir un emploi aux soldats démobilisés.

 

Dans une autre région de la Région autonome du Tibet (RAT), à Chamdo (Changdu en chinois) – considérée par la Chine comme un pont stratégique entre la RAT et les provinces du Sichuan, du Yunnan et du Qinghai – les écoliers ont été sensibilisés à l'importance d'« intégrer l'éducation morale à l'éducation à la défense nationale, afin que le patriotisme, le respect des militaires et le souci de la défense nationale s'enracinent dans leur cœur ». Les Tibétains de Chamdo ont participé activement aux manifestations de 2008 à travers le Tibet pour défendre leur identité nationale et culturelle, ce qui a incité, à partir de 2009, à intensifier la sécurisation. Les autorités de Chamdo ont insisté sur leur « prêt à défendre jusqu’à la mort les sites, les objectifs et les zones clés lors des périodes sensibles et critiques ».

 

Un impératif politique, désormais légal : l’enseignement de la « culture révolutionnaire »

 

L’enseignement de la « culture révolutionnaire » est une obligation légale dans toute la République populaire de Chine, en vertu de la loi de 2025 sur l’éducation préscolaire. Il porte principalement sur l’histoire des héros révolutionnaires et les exploits militaires de l’Armée populaire de libération (APL). Cela peut impliquer que de jeunes enfants tibétains fréquentant les écoles maternelles soient obligés de se déguiser en soldats de l'ancienne Armée rouge ou de l'Armée populaire de libération (APL) et de simuler le meurtre de soldats japonais ou de membres du Parti nationaliste chinois, le parti politique que l'APL, sous l'égide du Parti communiste chinois, a combattu pour obtenir la suprématie en 1949.

 

À l'instar des enfants tibétains scolarisés dans les écoles laïques, les enfants tibétains reconnus par l'État-parti dans la base de données chinoise des lamas réincarnés « officiels » sont également emmenés sur des sites dits « rouges », comme le lieu de naissance de Mao Zedong.

 

Je suis un petit garde-frontière » : entraînement militaire pour les tout-petits tibétains dans les jardins d'enfants des zones frontalières.

La loi amendée sur l'éducation à la défense nationale, en vigueur dans toute la République populaire de Chine depuis septembre 2024, étend la portée de cette éducation à tous les âges. La loi sur l'éducation préscolaire, quant à elle, rend obligatoire l'enseignement de la « culture révolutionnaire » dans les écoles maternelles.

 

Ce cadre juridique est renforcé par la nouvelle « Loi sur la promotion de l'unité et du progrès ethniques », entrée en vigueur le 1er juillet. Cette loi rend obligatoire l'enseignement préscolaire en mandarin, impose la priorité aux caractères chinois sur les langues tibétaines ou ouïghoures dans les lieux publics et enjoint à toutes les actions officielles concernant les familles et l'éducation familiale de promouvoir la « construction de l'identité nationale ». Elle insiste particulièrement sur l'apprentissage du chinois chez les enfants, stipulant que si cet enseignement n'est pas dispensé, parents, enseignants, gouvernement et enfants sont tous juridiquement responsables, criminalisant de fait les familles qui ne donnent pas la priorité à l'enseignement du chinois ou qui encouragent l'usage du tibétain à la maison.

 

Au Tibet, toute critique de la politique gouvernementale, toute défense des droits linguistiques ou toute expression d'une identité historique et religieuse tibétaine spécifique sont perçues depuis des années comme une menace pour « l'unité ethnique ». L'article 20 de la nouvelle loi transpose cette problématique directement dans la sphère privée, stipulant que les parents et tuteurs sont tenus d' "éduquer et d'orienter les mineurs afin qu'ils aiment le Parti communiste chinois ».

 

Dans un rapport sur les jardins d'enfants au Tibet, publié le mois dernier, Human Rights Watch a documenté les conséquences de l'entrée en vigueur, pour la première fois en République populaire de Chine, de l'obligation d'utiliser le chinois comme langue d'enseignement et de prise en charge dans tous les établissements préscolaires.

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Dans un rare témoignage direct sur un internat pour enfants, une enseignante non tibétaine se souvient que les enfants dormaient généralement à deux ou trois par matelas en peau de mouton et que, dans certains cas, il fallait les attacher à leur lit pour éviter qu'ils ne tombent. Elle raconte que pendant la récréation de deux heures l'après-midi, les enfants dormaient à leur bureau et que « les jouets leur étaient confisqués, mais j'ignore pourquoi ils n'avaient pas le droit de jouer avec ».

 

Human Rights Watch a cité plusieurs études universitaires chinoises sur les internats pour enfants en milieu rural, qui documentent d'importants préjudices psychologiques, des retards de développement et des difficultés fonctionnelles chez les enfants placés dans ces institutions. Par exemple, une étude menée en 2013 dans un internat rural du Yunnan décrivait le comportement et les activités des enfants comme « fortement restreints », mentionnait des cas de fugues et décrivait en détail des conditions globalement « extrêmement préjudiciables au développement psychologique des enfants ».

 

Prises dans leur ensemble, l’ampleur de la nouvelle législation sur « l’unité ethnique » et la défense nationale, ainsi que sa mise en œuvre, constituent une dangereuse accélération des politiques visant à éroder la culture et l’identité bouddhistes tibétaines. Elles témoignent de l’importance stratégique que le Parti communiste chinois accorde au Tibet et de la détermination de Xi Jinping à supprimer la religion et les spécificités culturelles, considérées comme des obstacles à la consolidation de l’État-parti.

 

Alors que l’internat de Tsona se présente comme un modèle garantissant la transmission du « gène rouge » de génération en génération, les familles tibétaines concernées par ces politiques n’ont aucun droit de regard sur ce que l’on enseigne à leurs enfants, ni sur ce qu’on leur enseigne à retenir ou à oublier.

29 septembre 2025

Le projet de loi chinois sur « l’unité ethnique » vise à étendre la campagne d’assimilation ...

 

Tsering Dhundup

DHARAMSHALA, 29 septembre :

 

 

Un nouveau projet de loi en Chine a suscité l'inquiétude des groupes de défense des droits de l'homme, qui mettent en garde contre son ampleur et son potentiel de renforcement de la répression des minorités, d'accélération de l'assimilation forcée et d'extension du contrôle idéologique de Pékin au-delà de ses frontières.

 

Le projet de loi de 62 articles sur la promotion de l'unité et du progrès ethniques, soumis à l'Assemblée populaire nationale le 8 septembre, prévoit des mesures radicales visant à consolider l'autorité du Parti communiste dans tous les domaines de la vie, de l'éducation et de la religion au tourisme, aux médias et à la vie familiale. Une note explicative officielle indique que la loi « met en œuvre la réflexion importante du secrétaire général Xi Jinping » sur les affaires ethniques et promeut « la prospérité et le développement communs de tous les groupes ethniques… sur la voie de l'État de droit ».

 

L'organisation internationale de défense des droits humains Human Rights Watch (HRW) a condamné le projet, affirmant qu'il fournit « un cadre juridique large pour justifier la répression actuelle ». « Le projet de loi du gouvernement chinois sur la promotion de l'unité ethnique vise à mobiliser l'administration et la société pour unir le peuple sous la direction du Parti communiste chinois, au détriment des droits humains », a déclaré Maya Wang, directrice adjointe pour l'Asie à HRW. « Les Tibétains, les Ouïghours et tous ceux qui s'expriment en faveur des minorités peuvent s'attendre à une répression gouvernementale encore plus sévère. »

 

La loi vise à supprimer les droits garantis par la loi de 1984 sur l'autonomie nationale régionale, qui autorisait les minorités à utiliser et à développer leurs propres langues. L'article 15 du projet privilégie le mandarin, exigeant que les enfants issus de minorités commencent à l'apprendre dès la maternelle et le maîtrisent couramment à la fin de la scolarité obligatoire.

 

Au Tibet, au Turkestan oriental et en Mongolie intérieure, les autorités ont déjà restreint l'enseignement en langue maternelle, malgré les protestations massives des élèves, des parents et des enseignants. Le projet de loi codifie ces restrictions, garantissant la prédominance du mandarin dans les écoles, la vie publique et les documents officiels.

 

La loi appelle à la transformation des « coutumes et habitudes » jugées incompatibles avec la « civilisation et le progrès », notamment en réglementant les pratiques matrimoniales (article 40). Elle mobilise également les acteurs étatiques et non étatiques – entreprises, groupes religieux, fondations – pour propager l'idéologie du Parti (article 44). L'article 20 impose aux parents d'élever leurs enfants dans l'amour du Parti communiste chinois et l'adhésion à l'idée d'une seule nation chinoise.

 

Les actes considérés comme portant atteinte à l'unité ethnique seraient criminalisés en vertu d'une formulation vague, longtemps utilisée pour museler la dissidence. Au Tibet, la défense des droits linguistiques ou l'opposition aux déplacements massifs de population ont été qualifiés de « séparatisme ». Au Turkestan oriental, la « campagne Frapper fort » des autorités qualifie les pratiques religieuses pacifiques, comme l'étude du Coran sans l'approbation de l'État, de « virus idéologiques ».

 

Le projet de loi étend également la portée idéologique de Pékin à l'étranger. L'article 17 ordonne aux autorités de diffuser le concept d'une nation chinoise unifiée par le biais des échanges internationaux universitaires, de la société civile et culturels. L'article 61 va plus loin, menaçant de poursuivre en justice « les organisations et individus hors de Chine » s'ils sont considérés comme portant atteinte à l'unité nationale.

 

La Chine a déjà fait pression sur des institutions étrangères pour qu'elles adoptent la terminologie de Pékin, par exemple en désignant le Tibet sous le nom de Xizang, et s'est livrée à une répression transnationale, ciblant les étudiants et les communautés de la diaspora à l'étranger en harcelant leurs familles restées dans le pays. En juillet, les autorités chinoises ont arrêté Zhang Yadi, une étudiante, pour « incitation au séparatisme » après avoir exprimé son soutien aux droits des Tibétains à l'étranger.

 

Le préambule du projet de loi affirme que la République populaire de Chine est l'héritière d'une « civilisation de 5 000 ans » ininterrompue, présentant le PCC comme le gardien d'une « nation multiethnique unifiée ». Ce discours est devenu central dans la gouvernance de Xi Jinping, où l'assimilation forcée des minorités est présentée comme un « progrès » national.

 

« Le projet de loi sur l'unité ethnique constitue une tentative flagrante du gouvernement chinois de contrôler les opinions et les expressions de la population sur la Chine, tant à l'intérieur qu'à l'extérieur du pays », a déclaré Wang. « Les pays concernés devraient s'opposer à ces efforts en exhortant le gouvernement chinois à abroger cette loi et à cesser de persécuter les minorités ethniques et leurs sympathisants. »

 

Les groupes de défense des droits humains avertissent que si elle est adoptée, la loi officialiserait et intensifierait la répression déjà observée au Tibet et au Turkestan oriental, tout en institutionnalisant l'emprise de Pékin sur les salles de classe, les lieux de culte, les foyers et même les communautés à l'étranger.

 

https://www.phayul.com/2025/09/29/53050/

29 septembre 2025

Les Tibétains sont contraints de nettoyer les débris malgré les promesses de dépollution d'un artiste chinois et d'Arc'teryx.

Des Tibétains du canton de Relong à Shigatse nettoient les débris de la soi-disant installation artistique. (Photo/X)

 

Tsering Dhundup

DHARAMSHALA, 25 septembre :

 

Malgré leurs excuses et leurs engagements en matière de responsabilité environnementale, l’artiste chinois Cai Guo-Qiang et la marque canadienne de produits de plein air Arc’teryx essuient de nouvelles critiques après que leur spectacle pyrotechnique au Tibet a laissé des débris toxiques, actuellement nettoyés par les habitants tibétains.

 

Le spectacle, intitulé « Rising Dragon », a eu lieu vendredi dernier sur une crête montagneuse du canton de Relong, dans le comté de Gyangze, à Shigatse. Les organisateurs avaient affirmé à l’avance que le feu d’artifice serait « écologique » et qu’il serait suivi d’un nettoyage professionnel. Cependant, de nouvelles images du Tibet montrent des Tibétains ramassant des tas de débris quelques jours plus tard, ce qui contredit les assurances de Cai et Arc’teryx, après le tollé mondial, selon lesquelles des organisations environnementales tierces procéderaient à une évaluation approfondie des impacts écologiques du projet et prendraient des mesures correctives rapides et efficaces.

 

« Cai Guoqiang, l'auteur des explosions dans l'Himalaya, n'a-t-il pas promis dans sa lettre d'excuses qu'il était prêt à tout mettre en œuvre pour prendre des mesures correctives et réparatrices ?» s'est interrogé en ligne l'écrivain et internaute tibétain Tsering Woeser. « Et pourtant, toutes ces conséquences pèsent désormais sur la population locale et sur les innombrables plantes et animaux des montagnes.»

 

Un touriste qui a tenté de filmer le site mercredi a déclaré avoir été bloqué par le personnel, mais a décrit « une montagne criblée de trous causés par les explosions ». Le visiteur a confirmé que les villageois travaillaient depuis des jours à nettoyer la zone, mais que le travail n'était pas encore terminé.

 

Cai et Arc'teryx ont tous deux publié des excuses sur les réseaux sociaux chinois ce week-end, reconnaissant des « oublis » et promettant de coopérer aux évaluations environnementales. Pourtant, la réalité sur le terrain montre que les Tibétains assument eux-mêmes la charge de l'élimination des déchets dangereux de leur fragile écosystème de haute altitude.

 

Les critiques affirment que cet incident n’est pas isolé mais fait partie d’un modèle plus large d’exploitation chinoise de l’écologie du Tibet, allant de l’exploitation minière incontrôlée et de la construction de barrages sur les rivières aux projets de tourisme de masse, tous menés sous la surveillance du gouvernement chinois, qui continue de privilégier le spectacle et le profit au détriment de l’environnement himalayen fragile et des droits du peuple tibétain.

 

https://www.phayul.com/2025/09/25/53041/

 

 

26 septembre 2025

Prolongation de peine pour le militant écologiste A-Nya Sengdra.

 

A-Nya Sengdra, leader de la communauté tibétaine et défenseur de l'environnement, a vu sa peine de sept ans prolongée. Selon des sources de Tibet Watch, son état de santé en prison suscite de vives inquiétudes.

 

A-Nya Sengdra, connu pour ses actions contre la corruption locale, l'exploitation minière illégale, la chasse illégale et le braconnage d'animaux menacés dans sa région natale de Golok, à l'est du Tibet, purge une peine de sept ans de prison. Il devait être libéré en septembre, à l'expiration de sa peine, mais selon de nouvelles informations, il a été inculpé d'une nouvelle infraction en prison et sa peine a été prolongée. Sa libération pourrait ne pas avoir lieu avant février 2026.

 

A-Nya Sengdra, un nomade populaire dans sa communauté locale pour sa défense de l'environnement et ses critiques courageuses de la corruption officielle, a été détenu la plupart du temps au secret. Mi-août, sa famille a été autorisée à lui rendre visite pour la première fois cette année. Lors de cette visite l'été dernier, le premier contact familial autorisé depuis six ans, ils n'ont été ensemble que quelques minutes. Compte tenu de son état fragile lors de cette brève rencontre, de sérieuses inquiétudes subsistent quant à son état de santé.

 

L'injustice des poursuites engagées contre lui a été reconnue internationalement. Dans une déclaration publique inhabituelle, neuf experts des droits de l'homme des Nations Unies ont demandé en 2020 au gouvernement chinois d'abandonner les charges retenues contre A-Nya Sengdra et de le libérer. Ils ont déclaré : « Nous sommes profondément préoccupés par ce qui semble être une criminalisation du travail légitime d'un membre d'une communauté minoritaire et défenseur des droits humains. Nous sommes également préoccupés par les informations faisant état d'une détérioration de son intégrité physique et mentale due à de mauvaises conditions de détention.»

 

A-Nya Sengdra a été arrêté par le Bureau de la sécurité publique du comté de Gade à Golok, dans le Qinghai (région tibétaine de l'Amdo) en septembre 2018. Il était accusé d'avoir « rassemblé des personnes pour troubler l'ordre public », en référence à son leadership communautaire en matière de protection de l'environnement auprès des nomades locaux, et d'avoir « provoqué des querelles et troublé l'ordre public ». L'avocat chinois d'A-Nya Sengdra a déclaré à l'époque qu'il pensait que ces accusations étaient fausses et liées à une campagne gouvernementale visant les Tibétains engagés dans des activités politiques ou célébrant leur culture, campagne que le gouvernement chinois a présentée comme une répression contre les « forces du mal ». Lors de sa première détention, son épouse s'est vu refuser l'autorisation de le voir.

 

A-Nya Sengdra a depuis interjeté appel à trois reprises, sans succès, devant la Cour populaire suprême de Xi'an pour un nouveau procès. Son avocat chinois, Lin Qilei, a déclaré sur les réseaux sociaux le 5 novembre 2024 : « Comme d'habitude, j'ai rempli les formulaires nécessaires et j'ai fait la queue. Après un certain temps, un juge est venu m'informer qu'ils avaient décidé de ne pas examiner le cas de Sengdra. Il m'a conseillé de ne plus jamais me présenter devant le tribunal pour cette affaire. »

 

https://tibetwatch.org/sentence-extension-for-environmental-activist-a-nya-sengdra/

 

 

26 septembre 2025

La Chine déploie des vétérans militaires dans des jardins d'enfants et des écoles au Tibet.

 

La Chine a lancé un nouveau programme pilote déployant des vétérans militaires chinois dans des internats publics pour endoctriner des enfants tibétains dès l'âge de quatre ans avec une formation militaire et une éducation politique.

 

Ce programme pilote, lancé avec 13 vétérans en poste dans sept écoles de Nagchu, représente la militarisation la plus directe jamais mise en œuvre par Pékin dans l'éducation tibétaine. Il cible les enfants les plus influençables dans une région déjà soumise à une surveillance intense, à des restrictions linguistiques et à une transformation culturelle forcée.

 

La télévision d'État a montré des enfants tibétains défilant en treillis, hissant le drapeau rouge sur un terrain de parade et s'entraînant à se mettre à couvert sous leurs bureaux, cahiers sur la tête, lors d'un exercice de « défense civile ». Les enfants de maternelle écoutent des « histoires rouges » qui glorifient les exploits de l'Armée populaire de libération et soulignent la loyauté envers Xi Jinping et le Parti communiste.

 

Le nouveau programme présente des instructeurs militaires en milieu scolaire (སློབ་གྲྭར་བཅའ་སྡོད་སླ ོབ་ཁྲིད་དམག་དཔོན།,驻校教官) enseignant dans les écoles primaires et secondaires, ainsi que dans les jardins d'enfants du district de Sernye (གསེར་རྙེད་ས་ཁུལ།) à Nagchu (chinois : Naqu) dans la région autonome du Tibet, une région qui a été soumise à une répression croissante, en particulier depuis des périodes de courageuses Résistance tibétaine en 2013 et avant. Ce programme est le fruit de la récente modification de la Loi sur l'éducation à la défense nationale, adoptée par le Comité permanent de l'Assemblée populaire nationale (APN), l'organe législatif suprême de Chine, et entrée en vigueur en septembre 2024.

 

En décembre, les températures chutent jusqu'à -20 °C à Nagchu avant l'aube. Les médias d'État montrent alors des soldats réveillant les enfants pour hisser le drapeau du Parti au collège n° 2 du district de Sernye (Hangjia) – une cérémonie qualifiée de « la plus solennelle » de l'établissement. Un jeune garçon, membre de la Garde nationale du drapeau nouvellement formée, aurait déclaré que les instructeurs militaires « étaient très stricts avec nous ».

 

Une mère tibétaine, visiblement nerveuse, apparaît dans le documentaire officiel sur le programme pilote, félicitant les enseignants militaires et affirmant que ses enfants ont montré des progrès en matière de discipline et de motivation. Pema Tashi, instructeur militaire tibétain en poste à l'école maternelle n° 5, a déclaré que l'importance accordée par les soldats à l'éducation « rouge » « prenait racine dans les jeunes esprits… comme des graines semées discrètement ».

 

 

L'objectif du programme d'anciens combattants dans les écoles est non seulement d'intensifier la sinisation et d'endoctriner une nouvelle génération, mais aussi de préparer la jeunesse tibétaine au service militaire. Les Tibétains sont de plus en plus considérés comme un atout pour l'Armée populaire de libération (APL) dans les combats en montagne près de la frontière avec l'Inde, compte tenu de leur adaptation à la haute altitude du plateau. Pékin a intensifié ses efforts pour recruter des Tibétains dans l'APL, en offrant des incitations à ceux qui souhaitent s'engager. Les étudiants tibétains âgés de 18 à 21 ans se voient offrir le remboursement de leurs frais de scolarité en échange de leur inscription à un programme de formation militaire de deux ans. Selon un communiqué du gouvernement chinois, les étudiants bénéficiant déjà d'une aide de l'État pour leur scolarité étaient tenus de s'inscrire.

 

Cet objectif a été souligné par une série de camps militaires pour enfants cette année, dont une session d'entraînement pour 100 adolescents tibétains des collèges et lycées de Lhassa, décrite dans les médias officiels comme « Construire des rêves sur la frontière enneigée, mettre les voiles pour les jeunes esprits militaires ». Les adolescents étaient représentés en treillis de combat, apprenant à charger des armes et à défiler avec le drapeau rouge. Des slogans ornaient les murs du camp, notamment « Aimez l'Armée et maîtrisez les arts martiaux » et « Compatriotes tibétains, bienvenue à la 18e Armée au Tibet ». La 18e Armée de l'Armée populaire de libération (APL) reçut l'ordre d'entrer au Tibet en 1950 dans le cadre d'une campagne militaire plus vaste, incluant la bataille de Chamdo (Qamdo/Changdu), d'une importance stratégique particulière pour Pékin. Les autorités communistes prirent le contrôle du Tibet central lorsque Chamdo, capitale provinciale du Tibet oriental, tomba aux mains de l'Armée populaire de libération le 7 octobre 1950.

 

Ce nouveau programme pilote souligne la volonté du gouvernement chinois d'intégrer l'éducation à la défense nationale et l'éducation patriotique au programme quotidien des internats publics du Tibet, dans un contexte d'inquiétudes croissantes quant à l'érosion de l'enseignement en tibétain sous l'effet de l'éducation bilingue chinoise, et d'une insistance accrue sur le contrôle de la Chine sur ses frontières avec les pays voisins, notamment l'Inde, le Népal et le Bhoutan.

 

Selon un communiqué officiel en tibétain et en chinois de mars 2025, le programme pilote fait suite à une directive de 2022 publiée conjointement par le ministère chinois des Anciens Combattants, le ministère de l'Éducation et le ministère des Ressources humaines et de la Sécurité sociale.

 

Selon un communiqué officiel en tibétain et en chinois de mars 2025, le programme pilote fait suite à une directive de 2022 publiée conjointement par les ministères chinois des Anciens Combattants, de l'Éducation et des Ressources humaines et de la Sécurité sociale.

 

Cette directive conjointe stipule que le programme vise à « mettre pleinement en œuvre les importantes déclarations de Xi Jinping sur l'éducation et le travail des anciens combattants, à élargir les possibilités d'emploi pour les anciens combattants et à renforcer la constitution d'équipes pédagogiques dans les écoles primaires et secondaires ».

 

Tibet Watch a déjà signalé des camps militaires pour adolescents à Nyingtri (Linzhi, Nyingchi), près de la frontière fortement militarisée avec l'Arunachal Pradesh indien, et à Nagchu, où les élèves ont suivi des cours sur « les connaissances en matière d'éducation à la défense nationale et la doctrine militaire, ainsi que sur le règlement intérieur ».

 

Xi Jinping a appelé les troupes frontalières chinoises à ériger une « grande muraille d'acier » le long des frontières du pays en renforçant leurs capacités de défense et de contrôle des frontières. Soulignant l'impératif de sécurisation qui domine désormais toute politique du PCC, Xi Jinping déclare : « Nous devons adhérer à notre philosophie stratégique : pour gouverner la nation, nous devons d'abord gouverner nos frontières, et pour gouverner nos frontières, nous devons d'abord stabiliser le Tibet. » Reflétant les priorités de la haute direction du Parti et contrairement à ses prédécesseurs, Xi Jinping a effectué plusieurs visites auprès des troupes dans les régions frontalières, notamment une tournée d'inspection à Nyingtri (en chinois : Nyingchi), dans la RAT, en 2021, située dans une zone stratégiquement importante à la frontière de l'Arunachal Pradesh, en Inde. Le siège administratif de Nyingtri s'appelle Bayi en chinois, ce qui signifie « huit et un », en référence à la création de l'APL le 1er août 1927.

 

Le Commandement du théâtre occidental (CTO) de l'APL est le plus important des cinq commandements de théâtre chinois et exerce une juridiction opérationnelle sur les frontières du pays avec l'Inde et l'Afghanistan. Depuis les manœuvres militaires contre l'Inde en 2020, la Chine a amélioré son classement parmi les commandements de théâtre et a placé le WTC au même niveau que le commandement de théâtre oriental, classé premier en termes de priorité pour l'acquisition de nouveaux avions et d'armements.

 

Le programme d'accueil des anciens combattants dans les écoles s'inscrit dans la lignée de l'accent mis par Wang Junzheng, chef du Parti de la région autonome du Tibet, sur la formation des jeunes esprits à la loyauté envers le Parti, notamment par le renforcement de l'éducation idéologique et l'inculcation de l'éthique « aimer le Parti, aimer la patrie ».

 

https://tibetwatch.org/china-deploys-military-veterans-in-kindergartens-and-schools-in-tibet/

25 septembre 2025

Tenzin Tsundue, activiste tibétain, poète.

Il est l'une de mes références en matière d'activisme. 

 

Tenzin Tsundue est un jeune Tibétain insouciant qui, après avoir obtenu son diplôme à Madras, dans le sud de l'Inde, a bravé les tempêtes de neige et les montagnes dangereuses, enfreint toutes les règles et restrictions, traversé l'Himalaya à pied et s'est rendu au Tibet interdit ! Son but ? Découvrir la situation de son pays occupé et contribuer à la lutte pour la liberté. Arrêté par la police des frontières chinoise et emprisonné à Lhassa pendant trois mois, il a ensuite été « refoulé » en Inde.

 

Né dans une famille de réfugiés tibétains qui travaillait sur les routes frontalières indiennes autour de Manali, dans le nord de l'Inde, pendant la période chaotique de la réinstallation des réfugiés tibétains au début des années 1970, Tenzin Tsundue est un écrivain et militant, un élément rare au sein de la communauté tibétaine en exil. Il a publié son premier recueil de poèmes, Crossing the Border, en 1999 grâce à l'argent quémandé et emprunté à ses camarades de l'Université de Bombay. En 2001, il a remporté le prix Outlook-Picador de la non-fiction. Son deuxième livre, Kora, en est déjà à sa huitième édition, et son troisième, Semshook, à sa troisième édition. Il s'agit de la troisième édition de Tsen-GÖl, initialement publiée en mars 2012.

 

Tsundue a rejoint les Amis du Tibet (Inde) en 1999 et milite auprès des Indiens pour obtenir le soutien du Tibet. En janvier 2002, alors que le Premier ministre chinois Zhu Rongji s'adressait à des magnats du monde des affaires indiens dans les tours Oberoi de Mumbai, Tsundue a escaladé un échafaudage jusqu'au 14e étage pour déployer un drapeau national tibétain et une banderole « LIBEREZ LE TIBET ». En avril 2005, il a réitéré une action de protestation individuelle tout aussi spectaculaire lors de la visite du Premier ministre chinois Wen Jiabao à Bangalore. En raison de ces actions de protestation audacieuses, Tsundue est souvent arrêté et placé sous surveillance policière lors des visites de dirigeants chinois en Inde.

 

Les écrits de Tenzin Tsundue ont été publiés dans des journaux et magazines indiens, ainsi que dans les médias internationaux. Il est également l'objet d'anthologies dans des revues littéraires asiatiques et internationales.

 

En tant que poète, il a représenté le Tibet à la deuxième conférence littéraire sud-asiatique de la Sahitya Akademi à New Delhi en janvier 2005, à Poetry Africa à Durban en 2005 et au Festival littéraire de Jaipur en 2010. À la fois militant et écrivain, Tsundue se bat bec et ongles pour la liberté de son pays et joue un rôle important dans la lutte politique tibétaine. 

 

Des versions du site web de Tsundue sont archivées à des fins historiques sur WayBack Machine Internet Archive.

 

https://www.tenzintsundue.com/about/

24 septembre 2025

HRW appelle la Chine à la libération immédiate de la militante des droits de l'homme, Zhang Yadi.

 

Tsering Dhundup

DHARAMSHALA, 23 septembre :

 

L'organisation de défense des droits de l'homme Human Rights Watch a appelé les autorités chinoises à libérer immédiatement et sans condition Zhang Yadi, une étudiante de 22 ans, militante pour les droits des Tibétains, arrêtée fin juillet alors qu'elle rendait visite à sa famille en Chine.

 

Zhang, alias Tara, poursuivait ses études en France lorsqu'elle est rentrée chez elle pendant les vacances d'été. Le 31 juillet 2025, elle a été arrêtée à Shangri-La, dans la province du Yunnan, et serait détenue dans un centre de détention de sa ville natale, Changsha, dans la province du Hunan.

 

L'organisation de défense des droits de l'homme a déclaré que si elle est reconnue coupable en vertu de l'article 103(2) du Code pénal chinois, qui criminalise « l'incitation à la division du pays et à l'atteinte à l'unité nationale », Zhang encourt jusqu'à cinq ans de prison, ou jusqu'à 15 ans si elle est considérée comme meneuse.

 

Les groupes de défense des droits humains soulignent que les autorités chinoises invoquent fréquemment cette disposition pour faire taire les critiques pacifiques, assimilant les appels au dialogue sur les questions ethniques ou les droits des minorités à des menaces pour la sécurité nationale. Cette loi, définie au sens large et appliquée politiquement, a été utilisée pour criminaliser les discours, les écrits et les activités en ligne qui s'écartent de la position officielle du Parti communiste, notamment sur des questions sensibles comme le Tibet, le Turkestan oriental, Hong Kong et Taïwan.

 

Pendant son séjour en France, Zhang a édité une plateforme numérique en chinois promouvant les droits des Tibétains et le dialogue interethnique. Elle est membre de la Jeunesse chinoise pour le Tibet, un groupe né après les manifestations du Livre blanc de 2022 contre la politique « zéro Covid » de Pékin. Le groupe publie des écrits sur la culture tibétaine, des critiques du chauvinisme Han et des perspectives sur les relations interethniques.

 

« Les autorités chinoises menacent d'emprisonner Zhang Yadi, étudiante militante de 22 ans, pour avoir dénoncé l'injustice raciale et exercé pacifiquement ses droits, comme de nombreux jeunes à travers le monde », a déclaré Yalkun Uluyol, chercheur sur la Chine à Human Rights Watch. « Les autorités semblent craindre que des personnes tentent de concilier les différences ethniques avec la ligne officielle du Parti communiste chinois. »

 

Maîtrisant quatre langues, Zhang Yadi avait terminé ses études de licence à l'École supérieure de commerce de Paris et devait commencer ses études de master à la School of Oriental and African Studies (SOAS) de Londres en septembre. Son arrestation a suscité l'inquiétude de ses camarades étudiants internationaux, qui craignent des répercussions pour leur engagement en faveur de la justice sociale et des droits des minorités.

 

Human Rights Watch a constaté que le 16 septembre, l'éminent avocat des droits humains Jiang Tianyong avait été brièvement détenu alors qu'il tentait d'aider la famille de Zhang à Changsha. Bien que libéré, son téléphone aurait été confisqué. L'organisation de défense des droits humains a exhorté les autorités chinoises à garantir à Zhang l'accès à un avocat indépendant de son choix.

 

Le cas de Zhang reflète un schéma plus large de répression contre les personnes qui défendent les droits des minorités en Chine. Parmi les victimes figurent l'universitaire ouïghour Ilham Tohti, condamné à la réclusion à perpétuité en 2014 pour « séparatisme », et le lauréat du prix Nobel de la paix Liu Xiaobo, qui a défendu à plusieurs reprises la cause du Tibet avant sa mort en détention.

 

Human Rights Watch a appelé les gouvernements, notamment la France et le Royaume-Uni, à intervenir. Le gouvernement français, a-t-il déclaré, devrait défendre le droit des étudiants chinois à la liberté d'expression, tandis que la Grande-Bretagne devrait faire pression pour la libération de Zhang afin qu'elle puisse commencer ses études à Londres.

 

« Zhang Yadi devrait commencer ses études supérieures à Londres, et non pas aller en prison », a souligné Uluyol. « La France, le Royaume-Uni et les autres gouvernements devraient faire pression sur Pékin pour qu'elle soit libérée et qu'elle puisse reprendre ses études. »

 

https://www.phayul.com/2025/09/23/53035/

 

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Une étudiante de 22 ans, défenseuse du Tibet, détenue en Chine.

 

Zhang Yadi (alias Tara @Tara.Freesoul) est détenue au secret depuis 50 jours en Chine et il est à craindre qu'elle ait été arrêtée par les autorités de sécurité de l'État.

 

Zhang Yadi, originaire de Changsha, dans le Hunan, étudiait en France et avait obtenu une bourse pour un master en anthropologie à la SOAS (École d'études orientales et africaines) de l'Université de Londres, à partir de septembre 2025. Elle est rentrée en Chine le 5 juillet pour rendre visite à sa famille, mais a perdu tout contact avec ses amis et collègues le 30 juillet alors qu'elle se trouvait à Shangri-La, dans le Yunnan.

 

De nombreuses sources indiquent que Zhang Yadi pourrait avoir été ramenée à Changsha par les autorités de sécurité de l'État, soupçonnée d'« atteinte à la sécurité nationale », une accusation vague couramment utilisée pour réduire au silence les universitaires, les étudiants et les militants.

 

Avant sa disparition, elle restait en contact régulier avec ses proches. Depuis le 30 juillet, les communications ont été interrompues, et les déclarations contradictoires de sa mère ainsi que son activité sur son compte WeChat n'ont fait qu'accroître les inquiétudes quant à sa sécurité et à la liberté de sa famille.

 

Le 16 septembre, l'avocat des droits humains Jiang Tianyong, chargé par des amis d'assister Mme Zhou, la mère de Zhang Yadi, a lui-même été emmené de force par des inconnus alors qu'il rencontrait Mme Zhou à Changsha. Il a depuis été libéré.

 

Parlant couramment le chinois, le tibétain, l'anglais et le français, Zhang Yadi était rédactrice pour Chinese Youth Stand 4 Tibet (@CYS4T sur X), une plateforme de soutien au Tibet née du mouvement du Livre blanc en Chine, lorsque des citoyens chinois ont brandi des feuilles blanches pour protester contre la censure dans un contexte de contrôles COVID oppressifs.

 

https://freetibet.org/latest/22-year-old-student-advocate-for-tibet-arrested-in-china/

14 septembre 2025

Bracelet RANGZEN.

 

( Ce sont les miens )

 

Portez un symbole d'espoir

 

Le bracelet Rangzen est plus qu'un accessoire : c'est une déclaration de solidarité et un hommage à l'esprit inébranlable du peuple tibétain. Portez-le fièrement pour vous rappeler la liberté, la protection et l'unité.

 

Créés il y a plus de trente ans parmi les prisonniers politiques tibétains, ces bracelets sont devenus une protestation silencieuse contre l'oppression. Réalisés à partir de motifs traditionnels en forme de losange, aussi appelés « à neuf yeux » ou « dzi », ils sont censés offrir protection à celui qui les porte. Inspirés des traditions pastorales tibétaines, ces motifs sont porteurs d'un héritage de force et de symbolisme spirituel.

 

Je rajouterai que le bracelet Rangzen a été fait par les prisonniers tibétains, un jour comme cela, avec des fils tirés de leurs uniformes, en cellules. Il est devenu depuis le symbole de la résistance tibétaine 

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TASHI DELEK !

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Your Holiness

🧡  🙏

Photo Olivier Adam 

 

 Tenzin Tsundue - Activiste ❤

 

 

 

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